Carles Puigdemont: "Je suis prêt à rentrer en Catalogne. C'est mon pays"

Pour échapper à la justice espagnole, l'ex-président de la Catalogne Carles Puigdemont est exilé, actuellement en Belgique. Mais il est prêt à rentrer en Catalogne, explique-t-il, interrogé sur La Première: "Chaque matin lorsque je me réveille, je me dis en moi-même que c'est le dernier jour que je passe en Belgique. Mais il est bien évident que les conditions de mon retour ne sont pas encore réunies parce qu'il y a une lourde répression contre nous, qui nous empêche de vraiment nous exprimer, et qui nous condamne pratiquement avant tout jugement à un long séjour en prison. Si une décision de justice européenne (belge, allemande ou écossaise) dit que nous devons être renvoyés là-bas, bien sûr que je vais l'accepter. Mon pays c'est la Catalogne, je fais de la politique pour la Catalogne: ma famille, les paysages, tout m'appartient. J'ai envie d'y retourner bien sûr".

Liste N-VA?

Carles Puigdemont n'est pas soutenu financièrement par la N-VA, dit-il. "Je ne suis pas venu en Belgique, mais je suis venu dans la capitale de l'Europe. Je le dis depuis le début. On devait continuer le combat et c'était l'endroit le plus indiqué".

Figurera-t-il sur la liste de la N-VA pour les élections européennes en 2019?  "Je n'ai reçu aucune proposition. Techniquement c'est parfaitement possible. Mais ce n'est pas mon but parce que je fais de la politique pour la Catalogne".

Dans son livre "La crise catalane, une opportunité pour l'Europe", Carles Puigdemont exprime le souhait que le président du Conseil européen Donald Tusk endosse un rôle de médiateur dans la crise catalane. "En fait c'est une interpellation auprès de l'Union. Et on cible Donald Tusk car c'est le seul qui a eu un langage respectueux lors de la crise catalane".

"Les institutions européennes ne soutiennent pas la cause catalane" poursuit-il. Il se dit déçu parce que l'Europe se tait à propos du respect des droits fondamentaux en Catalogne : "Le 1er octobre 2017 il y a eu une répression et une brutalité policière inacceptables contre des politiciens".

"Après un long parcours de 40 ans, on a demandé l'indépendance de la Catalogne car tous les autres chemins ont échoués, mais ce n'était pas notre volonté première" dit-il aussi. Avec le gouvernement espagnol "il faudra trouver un compromis, sur la base de demandes réelles, mais on a déjà fait tout ce chemin. On a déjà prouvé notre statut, et pour le moment il n'y a rien de concret."

"La violence n'est pas une voie"

Carles Puigdemont admet que le peuple catalan est divisé au sujet de l'indépendance: "Je n'espère pas avoir l'unanimité dans une société démocratique, mais la violence n'est pas une voie. On doit parler, on doit avoir un débat."

"Face au parlement, on a agi de manière publique, on a toujours plaidé de manière non-violente et on a utilisé des outils uniquement démocratiques" insiste-t-il.

L'ancien Premier ministre français Manuels Valls a annoncé sa candidature à la mairie de Barcelone. "Je l'ai rencontré une seule fois, c'est parfaitement possible qu'il puisse être candidat. C'est son droit. Mais c'est quand même étrange qu'une personne qui ne connaît pas du tout la réalité de Barcelone et les besoins des Barcelonais ose proposer de gérer tous les défis de cette ville, l'une des plus importantes d'Europe".

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