Canada: le Premier ministre Justin Trudeau dans la tourmente, l'opposition saisit la police

Justin Trudeau dans la tourmente: l'opposition saisit la police
Justin Trudeau dans la tourmente: l'opposition saisit la police - © LARS HAGBERG - AFP

Le chef du premier parti d'opposition du Canada a demandé jeudi à la police fédérale d'enquêter sur le Premier ministre Justin Trudeau et son entourage à la suite des déclarations explosives tenues à leur encontre par l'ex-ministre de la Justice.

Accusé d'avoir aidé une entreprise prise dans un scandale de corruption

L'ancienne ministre Jody Wilson-Raybould a accusé mercredi le dirigeant canadien et son cercle rapproché d'avoir exercé sur elle des pressions "inappropriées afin de parvenir à un accord à l'amiable avec SNC-Lavalin" et éviter un procès à cette société canadienne accusée de corruption en Libye.

Un accord hors cour entre la justice et SNC-Lavalin aurait permis à ce géant du BTP, qui emploie 50.000 personnes dans le monde dont 9.000 au Canada, d'échapper à une condamnation pouvant compromettre son avenir.

Devant les députés de la commission de la Justice, Mme Jody Wilson-Raybould, qui a claqué la porte du gouvernement libéral il y a deux semaines, a aussi affirmé avoir été l'objet de "menaces voilées" l'incitant à suivre les recommandations du bureau du Premier ministre.

Ces "menaces voilées" sont contraires à deux articles du Code criminel canadien, affirme jeudi le chef du Parti conservateur canadien, Andrew Scheer, dans une lettre adressée à la commissaire Brenda Lucki qui dirige la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale).

"Les Canadiens sont en droit de craindre que le droit pénal a été enfreint" au sommet de l'État canadien, ajoute-t-il dans cette missive. "Nous confirmons la réception de la lettre" ainsi que l'étude "de son contenu", a indiqué la GRC à l'AFP.

Dans cette lettre, le chef des conservateurs juge que "l'affaire en question semble être une infraction flagrante à la loi", qui mérite que la GRC puisse "enquêter de manière juste et exhaustive sur tout acte criminel potentiel". La veille, M. Scheer avait appelé à la démission de Justin Trudeau. 

Justin Trudeau au coeur du scandale

Un sondage la semaine dernière donnait les conservateurs en avance sur les libéraux de M. Trudeau dans les intentions de vote, à huit mois des législatives.

Le Premier ministre a répété jeudi que son entourage et lui avaient "toujours agi de façon appropriée et professionnelle" lorsqu'ils avaient discuté du dossier SNC-Lavalin avec Mme Wilson-Raybould.

"Je suis tout à fait en désaccord avec les conclusions de Mme Wilson-Raybould. Nous nous sommes toujours battus pour les emplois et nous sommes capables de le faire dans le respect des lois", a déclaré M. Trudeau. "A [s]a connaissance", aucun membre de son bureau n'a été approché par la GRC, a-t-il précisé.
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK