Camion-charnier en Angleterre : le Vietnam arrête encore huit trafiquants d'êtres humains

Camion-charnier en Angleterre : le Vietnam arrête encore huit trafiquants d’êtres humains suspectés d’être liés aux faits
Camion-charnier en Angleterre : le Vietnam arrête encore huit trafiquants d’êtres humains suspectés d’être liés aux faits - © MANAN VATSYAYANA - AFP

La police vietnamienne a arrêté huit trafiquants d’êtres humains qu’elle suspecte d’être liés aux 39 migrants d’origine vietnamienne découverts dans un camion frigorifique en Angleterre il y a près de deux semaines, rapporte la presse locale lundi. Ces arrestations ont eu lieu dans la province centrale de Nghe An, d’où seraient originaires la plupart des victimes, et s’inscrivent dans le cadre d’une opération de grande ampleur de lutte contre le trafic d’êtres humains.

L’identité des suspects n’a pas été révélée. Les autorités de la région estiment cependant que ces personnes font partie d’un réseau de trafiquants qui envoient illégalement des Vietnamiens vers la Grande-Bretagne, à en croire les informations du journal VnExpress.

"Après l’incident au Royaume-Uni, certains trafiquants ont remboursé les familles dont les enfants ont disparu", a expliqué le général Nguyen Huu Cau, directeur du département de police de Nghe An, faisant référence à la découverte des 39 corps dans un camion dans l’Essex, au sud de l’Angleterre. Tous seraient des Vietnamiens même si cela n’a pas encore été confirmé officiellement.

21 personnes déjà portées disparues

Les arrestations ont eu lieu hier et viennent s’ajouter à quatre autres déjà effectuées dans cette même province du centre du pays et deux dans celle voisine de Ha Thinh, soit quatorze au total. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une importante répression contre le trafic d’êtres humains lancée par le Vietnam en réponse à la tragédie, à laquelle seraient liées dix de ces personnes.

Les autorités britanniques enquêteront sur les personnes directement impliquées dans les faits survenus en Grande-Bretagne, tandis que leurs homologues vietnamiennes en feront de même concernant les passeurs au Vietnam.

Dans la province de Nghe An, 21 personnes sont déjà portées disparues. La plupart d’entre elles avaient quitté le pays entre avril et août. Les interrogatoires de différentes personnes ont par ailleurs confirmé l’implication des deux personnes arrêtées dans la province de Ha Tinh.

Entre 10 et 40.000 dollars pour atteindre l’Europe

Ces deux zones présentent un pourcentage élevé de population rurale et des niveaux de développement inférieurs à ceux des autres régions du pays. Bon nombre de leurs jeunes tentent dès lors de migrer en Europe à la recherche d’opportunités.

Avec près de 100 millions d’habitants et une croissance de 7,08% du produit intérieur brut (PIB) en 2018, le Vietnam a pourtant fait d’énormes progrès dans l’éradication de la pauvreté. Mais des problèmes tels que la malnutrition et l’inégalité des enfants persistent, en particulier dans les zones rurales.

Les migrants vietnamiens paieraient entre 10.000 et 40.000 dollars (entre 9000 et 36.000 euros) aux trafiquants pour leur voyage vers l’Europe.

Extraits de nos précédentes éditions du journal télévisé

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