Discours de Cameron: Merkel se dit "prête à discuter"

UE: David Cameron pour un référendum sur la sortie du Royaume-Uni
2 images
UE: David Cameron pour un référendum sur la sortie du Royaume-Uni - © AFP

Le Premier ministre britannique David Cameron a promis mercredi l'organisation d'un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne d'ici à 2017. Angela Merkel s'est dite prête à discuter.

"Quand nous aurons négocié un nouvel accord" sur les relations de la Grande-Bretagne avec l'UE, "nous offrirons aux Britanniques un référendum avec un choix très simple : rester au sein de l'UE sur cette nouvelle base ou en sortir complètement. Ce sera un référendum sur l'appartenance ou non à l'UE", a déclaré David Cameron lors de ce discours-clé sur l'Europe.David Cameron a indiqué que la nouvelle relation qu'il entendait tisser avec l'UE serait recentrée "sur le marché unique".

Cette consultation interviendra dans la première moitié de la prochaine législature qui commence en 2015, a-t-il précisé.

La nouvelle relation du Royaume-Uni avec l'UE "sera une relation centrée sur le marché unique", a-t-il dit.

"Si nous ne répondons pas aux défis, le danger est que l'Europe échoue et que les Britanniques dérivent vers la sortie", a-t-il averti.

"Je ne suis pas un isolationiste", a également assuré le dirigeant conservateur. "Je ne veux pas juste un meilleur accord pour la Grande-Bretagne. Je veux un meilleur accord pour l'Europe aussi", a-t-il dit.

Angela Merkel prête à discuter

"Nous sommes naturellement prêts (...) à discuter des souhaits britanniques", a déclaré la chancelière en réponse à une question en marge d'une conférence de presse avec le président béninois Thomas Boni Yayi, tout en précisant : "Mais nous ne devons pas perdre de vue que d'autres pays ont aussi des souhaits et que nous devons in fine trouver un compromis équilibré".

"Nous avons encore du temps et pour moi, ce qui est en tête de l'ordre du jour, c'est de trouver un plan budgétaire à moyen terme car cela conditionne aussi la croissance en Europe, et qu'il est également dans l'intérêt de la Grande-Bretagne que notre économie redémarre", a par ailleurs souligné la chancelière.

Dans la matinée, son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, avait déclaré que son pays souhaitait voir la Grande-Bretagne rester "un membre actif et constructif de l'Union européenne".

L'Europe n'est pas "la somme des intérêts nationaux" mais une "communauté de destins", avait-il insisté, ajoutant dans une allocution en anglais et allemand que "choisir (son Europe) à la carte n'est pas une option".

Pas de relation à la carte

L'Union européenne a besoin d'un Royaume-Uni "membre à part entière", a affirmé mercredi le président du Parlement européen, Martin Schulz, après le discours du Premier ministre britannique David Cameron.

"L'idée de base (avancée par David Carmon dans son discours sur l'Europe) est de renégocier individuellement la position britannique au sein de l'UE. Je peux vous dire que c'est impossible", a dit de son côté l'ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt.

"Si vous commencez à donner des statuts individuels à chaque Etat membre, cela sera la fin de l'Union et la fin du marché intérieur. Parce que la France dirait alors 'nous voulons aussi un statut individuel sans règles de concurrence, parce qu'elles ne nous plaisent pas'. Et l'Allemagne demanderait un marché intérieur, mais pas pour les services, parce qu'elle ne le veut que pour les biens", a-t-il expliqué.

"Ce qui se passera, c'est une renégociation collective, après les élections européennes de 2014, parce que nous avons besoin d'une Europe plus intégrée, et alors les Britanniques pourront choisir s'ils veulent rester dans l'Union ou en sortir", a conclu Guy Verhofstadt.

 

La diplomatie britannique a assuré dans la journée "le service après-vente" du discours, a expliqué Didier Reynders, qui a eu une entrevue à ce sujet avec le ministre anglais des affaires européennes, David Lidington.

Pour le chef de la diplomatie belge, les souhaits britanniques doivent maintenant être évoqués au sein du Conseil des Affaires générales (CAG), un organe de l'UE réunissant les ministres des 27 Etats membres, qui se penche déjà depuis un certain temps sur les prochaines réformes institutionnelles. Les élections européennes de 2014 seront ensuite l'occasion de mener un débat sur l'Europe dans tous les Etats, a-t-il ajouté.

En tout état de cause, le Royaume-Uni ne pourra pas se tailler un statut sur mesure, estime M. Reynders. "L'Europe fonctionne avec un menu. On ne doit pas forcément tout consommer, mais on doit accepter le menu. Ce n'est pas à la carte", a-t-il dit, rappelant que le Royaume-Uni bénéficie déjà de dérogations pour certaines politiques, en particulier l'euro et Schengen.

La Commission salue la volonté de Cameron

"La Commission salue la déclaration sans équivoque du Premier ministre (indiquant) qu'il veut maintenir la Grande-Bretagne dans l'Union européenne", a déclaré sa porte-parole, Pia Ahrenkilde-Hansen, en ajoutant qu'il était "dans l'intérêt de l'Europe et dans le propre intérêt de la Grande-Bretagne d'être un membre actif au centre de l'Union européenne".

Elle a estimé que le Royaume-Uni "apporte beaucoup à l'intégration européenne et a contribué à façonner de manière positive les politiques de l'Europe", en citant l'approfondissement du Marché unique, l'élargissement, la lutte contre le changement climatique, la politique énergétique ou le développement du commerce mondial.

Après le discours de David Cameron, Pia Ahrenkilde-Hansen a souhaité que le débat en Grande-Bretagne se "focalise sur le contenu de la relation" entre Londres et l'UE et permette d'évaluer comment "le fait d'agir au sein de l'Europe a un impact positif sur l'influence du Royaume-Uni" dans le monde.

Refusant de répondre aux questions sur les réformes demandées par David Cameron, et les éventuelles modifications qu'elles impliquaient sur les traités, la porte-parole a insisté sur "l'esprit constructif et positif" de la Bruxelles "vis-à-vis des messages passés" par le Premier britannique.


Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK