Cambodge: l'opposant historique Sam Rainsy condamné à 25 ans de prison

Cambodge: l'opposant historique Sam Rainsy condamné à 25 ans de prison
Cambodge: l'opposant historique Sam Rainsy condamné à 25 ans de prison - © Omar Havana - Getty Images

L'opposant historique cambodgien Sam Rainsy, en exil en France, a été condamné par contumace à 25 ans de prison lundi pour un complot supposé afin de renverser le gouvernement de l'homme fort du pays, Hun Sen, a indiqué un responsable judiciaire.

Sam Rainsy, co-fondateur du Parti du salut national du Cambodge (PSNC), vit en exil en France depuis 2015 pour échapper à des peines d'emprisonnement qu'il estime motivées par des considérations politiques.

Sa condamnation est liée aux tentatives avortées de Sam Rainsy de retourner au Cambodge en 2019, selon le média pro-gouvernemental Fresh News.

Sam Rainsy a été condamné "pour une (tentative) d'attaque au Cambodge en 2019", a déclaré à l'AFP Y Rin, porte-parole du tribunal municipal de Phnom Penh, refusant de donner plus de détails. Le tribunal a également privé l'opposant du droit de voter et de se présenter à une élection, a déclaré le responsable.

Dans une réaction sur Twitter, Sam Rainsy a affirmé que sa condamnation était "mue par la faiblesse et la peur".

"Le Premier ministre cambodgien Hun Sen craint tout risque lié à mon retour sur la scène politique cambodgienne", a-t-il écrit. "Hun Sen redoute également la perspective de toute élection libre et juste, qui conduirait inévitablement à la fin de son régime autocratique", a-t-il ajouté.

Huit autres figures de l'opposition, dont l'épouse de Sam Rainsy, ont été condamnés par contumace à des peines de 20 à 22 ans de prison. Hun Sen, l'un des plus anciens dirigeants au pouvoir dans le monde, est à la tête du pays depuis 36 ans et musèle toute opposition.

Il a affirmé considérer le projet de retour de Sam Rainsy comme "une tentative de coup d'Etat". Depuis les législatives de 2018, à l'issue desquelles le parti d'Hun Sen a raflé l'intégralité des sièges au Parlement, des résultats vivement contestés, le régime multiplie les arrestations et les procédures à l'encontre de toute voix dissidente.

L'opposition dans le collimateur 

Cent cinquante opposants, majoritairement liés au PSNC, qui avait réalisé une percée aux élections de 2013 avant d'être dissous quelques années plus tard, sont jugés dans le cadre d'un procès de masse.

De nombreux accusés sont poursuivis pour avoir partagé des messages sur les réseaux sociaux soutenant la volonté de Sam Rainsy de rentrer dans le pays.

Les organisations de défense des droits ont dénoncé ce procès comme étant politiquement motivé. Alors que de nombreuses figures politiques ont fui le pays de peur d'être arrêtées, l'autre-co-fondateur du PSNC, Kem Sokha, est également visé par une procédure pour "trahison", accusé d'avoir voulu renverser le gouvernement. Le procès a été reporté à plusieurs reprises depuis mars 2020. 

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