Bush et Sarkozy lancent un appel commun à Téhéran

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Les relations sont au beau fixe entre la France et les Etats-Unis. A Paris ce week-end, les deux présidents ont lancé un avertissement à l'Iran sur son programme nucléaire. Ils ont également appelé Damas à se désolidariser de Téhéran. Georges Bush a aussi complimenté Nicolas Sarkozy sur son épouse...

La France et les Etats-Unis ont de nouveau mis en garde samedi l'Iran sur son programme nucléaire, et demandé à la Syrie de prendre ses distance avec Téhéran, lors de la visite à Paris de George W. Bush, temps fort de la tournée d'adieu du président américain en Europe.

Après plus d'une heure d'entretien avec son hôte Nicolas Sarkozy sur l'essentiel des grands dossiers internationaux, M. Bush s'est déclaré, lors d'une conférence de presse conjointe à l'Elysée, "déçu" que les Iraniens aient refusé une "offre généreuse" de coopération des grandes puissances pour suspendre leur programme d'enrichissement d'uranium.

"Cela montre aux Iraniens que leurs responsables veulent les isoler encore plus (...) l'Occident est sérieux lorsqu'il s'agit de mettre fin au processus d'enrichissement", a-t-il dit.

L'obtention par l'Iran de la bombe nucléaire est "une menace inacceptable pour la stabilité du monde, surtout rapportée aux déclarations répétées du président actuel de l'Iran", a renchéri M. Sarkozy en référence aux menaces de Mahmoud Ahmadinejad contre Israël.

Les deux responsables se sont également retrouvés pour demander à la Syrie de prendre ses distances avec Téhéran.

Tout en justifiant sa décision de reprendre des contacts directs avec Damas, le chef de l'Etat français a souhaité "que la Syrie se désolidarise le plus possible de l'Iran dans sa quête pour avoir une arme nucléaire". "A partir de ce moment-là, le processus se poursuivra".

Sur le même ton, son homologue américain a exhorté la Syrie à "cesser d'être de connivence avec les Iraniens" et "d'héberger des terroristes".

Ensemble, la France et les Etats-Unis ont appelé, dans un texte commun, le Liban et la Syrie à établir des relations diplomatiques "à part entière" ainsi que des "relations de bon voisinage" fondées notamment sur "la sécurité" et "la souveraineté".

Les Etats-Unis avaient publiquement manifesté leurs réserves à la main tendue par Paris à un régime qu'ils considèrent comme l'un des principaux soutiens au terrorisme international. Mais M. Bush n'a pas fait référence samedi à l'ouverture de Paris vers Damas.

Au nom des "nuances" qu'il a reconnues avec son partenaire, Nicolas Sarkozy a justifié l'invitation à Paris du président syrien Bachar al-Assad au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet et au défilé militaire du lendemain, jour de la fête nationale française. Cette invitation a suscité de nombreuses critiques.

Le président syrien Bachar al-Assad doit s'entretenir dimanche à Damas avec des émissaires du président français, selon Damas.

Interrogé sur le rejet irlandais du traité de Lisbonne, qui a replongé l'UE dans une crise institutionnelle, Nicolas Sarkozy a souhaité la poursuite du processus de ratification du traité de façon à "ce que le "non" irlandais ne devienne pas une crise".

Signe de l'amitié retrouvée entre la France et les Etats-Unis, le président Bush a rendu un hommage appuyé à son homologue français, un homme "plein d'énergie", "très sage". Il a également complimenté son épouse "très intelligente" et "très compétente", la chanteuse et ex-top model italienne Carla Bruni-Sarkozy.

L'élection il y a un an de Nicolas Sarkozy a rétabli un climat de confiance entre Paris et Washington, après des années de tensions dues à l'opposition résolue de Jacques Chirac à la guerre américaine en Irak en 2003.

Lors du plus important discours de son périple, vendredi, il avait appelé les pays européens à faire plus aux cotés des Américains pour l'Afghanistan et l'Irak.

A quelques mois de la fin de ses huit ans de mandat à la Maison Blanche, M. Bush avait aussi estimé que les relations entre les Etats-Unis et l'Europe n'avaient "jamais été aussi larges et dynamiques".

Il doit quitter Paris pour Londres dimanche.

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