Burundi: violents affrontements, deux manifestants tués à Bujumbura

"Depuis ce matin, il y a au moins deux personnes qui ont été tuées par balles par la police", a déclaré le défenseur des droits de l'Homme Pierre Claver Mbonimpa. "Et il y a eu beaucoup, beaucoup de blessés", a-t-il ajouté.

Des journalistes de l'AFP ont vu au moins huit manifestants blessés par balle lundi dans deux quartiers de Bujumbura, ainsi que deux policiers au moins blessés par des jets de pierre.

Ces deux nouveaux morts portent à 11 le nombre de personnes tuées dans des violences depuis le début des manifestations contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza, débutées le 26 avril.

Huit d'entre elles sont des opposants tués dans la répression du mouvement. Deux policiers et un soldat ont aussi perdu la vie.

Après un week-end de trêve, les manifestations ont repris ce lundi dans la capitale burundaise Bujumbura.

La contestation a repris dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, où la police tente de contenir les manifestants depuis le début du mouvement le 26 avril pour les empêcher d'aller faire une démonstration de force au centre-ville.

A Musaga (dans le sud de Bujumbura), les policiers ont répondu par des tirs à balles réelles et des gaz lacrymogènes à des jets de pierre des manifestants après une matinée de face-à-face tendus. Des journalistes de l'AFP ont vu huit blessés par balle, dont un au moins grièvement, dans les quartiers de Musaga et Nyakabiga (est de la capitale). Des témoins ont fait état d'autres blessés par balle dans d'autres quartiers périphériques de la capitale.

A Cibitoke (nord), 100 à 200 jeunes ont été dispersés par la police, dont un tir tendu de gaz lacrymogène a blessé un manifestant. Les manifestants avaient décrété deux jours de trêve pendant le week-end afin, notamment, de "mieux s'organiser" en vue de nouvelles protestations.

Ils avaient appelé le chef de l'Etat, investi le 25 avril par son parti le Cndd-FDD pour être son candidat à la présidentielle du 26 juin, à renoncer. Mais comme attendu, Pierre Nkurunziza n'a pas cédé.

La contestation a éclaté au lendemain de l'investiture.

Les opposants à cette candidature jugent un nouveau mandat du président Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010, inconstitutionnel et contraire à l'accord d'Arusha qui avait ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile du pays (1993-2006). L'accord d'Arusha limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

AFP

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