Burundi: reprise des manifestations et des tirs, l'Eglise catholique se retire

Les violences sont montées en puissance depuis la semaine dernière.
Les violences sont montées en puissance depuis la semaine dernière. - © Belga

Les manifestations anti-troisième mandat ont repris jeudi matin à Bujumbura, mais cette fois plus en profondeur dans les quartiers, la police déployée en force interdisant tout regroupement sur les avenues et rues principales, ont indiqué à l'AFP des habitants. L'Église catholique a, elle, déclaré se retirer du processus électoral à une semaine des élections législatives a annoncé jeudi le président de la conférence des évêques dans ce pays.

Dans la plupart des quartiers contestataires, les manifestants ont adapté leur tactique à la très forte présence policière, qui occupe désormais les grandes avenues goudronnées et tirent à vue au dessus des groupes de jeunes qui font mine de se regrouper.

Les manifestants se rassemblent plus en profondeur au milieu des habitations, dans le labyrinthe des ruelles et pistes de latérite rouge où les policiers hésitent à s'aventurer.

Près de 200 protestataires étaient également rassemblés jeudi matin dans la ville de Cibitoke, où la police a tiré pour tenter de les disperser.

L'Église catholique se retire du processus électoral

"Après avoir considéré la manière dont ces élections sont organisées et leur évolution actuelle (...), nous, évêques de l'Église catholique, avons estimé qu'il convenait que les prêtres démissionnent et cèdent leur place à ceux qui peuvent continuer le travail" au sein des commission électorales où le clergé occupe des fonctions importantes, a déclaré Mgr Gervais Bashimiyubusa sur la radio catholique Radio Maria. "Il y a quelques jours, nous avons sorti un communiqué qui contenait nos souhaits pour que le processus électoral en cours réponde aux conditions requises pour de bonnes élections crédibles", a indiqué Mgr Bashimiyubusa, lisant un communiqué de la conférence des évêques.

Des législatives et des communales sont prévues le 5 juin, avant la présidentielle du 26 juin. Le Burundi est plongé dans une crise politique depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, avec des manifestations quotidiennes à Bujumbura, sévèrement réprimées par la police. Les violences ont fait plus d'une trentaine de morts en un mois.

L'Église catholique, importante force morale au Burundi, avait pris position en mars contre un troisième mandat de M. Nkurunziza.

Les manifestations d'opposants à la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat lors de la présidentielle du 26 juin sont quasi-quotidiennes depuis un mois dans la capitale. Émaillées de nombreux heurts avec la police, elles ont fait plus d'une trentaine de morts.

Les violences sont montées en puissance depuis la semaine dernière, la police ayant pris le contrôle de plusieurs quartiers et faisant un large usage de ses armes à feu. Des manifestations ont également été signalées en province, où un manifestant a été tué mercredi.

RTBF avec agences

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