Burundi: le gouvernement refuse de se voir imposer des consultations avec l'UE

Le gouvernement de Bujumbura a laissé planer le doute sur son acceptation de la demande de "consultations" formulée par l'Union européenne sur les atteintes à la démocratie au Burundi, secoué par une grave crise depuis le printemps, une procédure susceptible de conduire à la suspension de l'aide européenne.Les 28 ont donné lundi leur feu vert à l'envoi d'un courrier au président burundais Pierre Nkurunziza, invitant "le Burundi à des consultations conformément à la procédure prévue par l'article 96 de l'accord de partenariat UE-ACP (accords de Cotonou, ndlr) en cas de non respect des éléments essentiels de l'accord que sont les droits de l'homme, les principes démocratiques et l'Etat de droit".

Mais le ministre burundais des Affaires étrangères, Alain Aimé Nyamitwe, a exprimé le refus de Bujumbura de se voir "imposer" de telles consultations, a rapporté mercredi Radio France Internationale (RFI).

"Notre pays et le gouvernement sont bien disposés à améliorer les rapports avec l'Union européenne, qui est un partenaire important pour le Burundi", a-t-il assuré au micro de la radio publique française. "Et l'accord de Cotonou stipule les droits et les obligations de chacune des parties. C'est sur la base de ces rapports juridiques que nous comptons inscrire la réponse que nous donnerons à cette demande de l'Union européenne. Dans tous les cas, une partie ne va pas imposer à l'autre sa façon de voir les choses. L'Union européenne ne peut pas nous l'imposer, puisqu'ici, il s'agit de deux parties. On doit donc parler, discuter. On a quand même assez de temps, on a trente jours pour pouvoir se prononcer et éventuellement décider de la tenue de ces consultations", a ajouté Alain Aimé Nyamitwe.

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