Burundi: le gouvernement refuse d'agréer le nouveau parti du principal opposant

Pierre Nkurunziza entend briguer un troisième mandat de président
Pierre Nkurunziza entend briguer un troisième mandat de président - © Chine Nouvelle - ISOPIX

Le ministre burundais de l'Intérieur a refusé d'agréer la nouvelle formation politique d'Agathon Rwasa, principal opposant, en invoquant une violation de la loi, dans une lettre dont l'AFP a pris connaissance jeudi.

"Nous avons reçu votre correspondance du 14 septembre 2018 relative à la demande d'agrément d'un parti politique dénommé FNL Amizero y'Abarundi (...). Toutefois après analyse approfondie du dossier, nous avons constaté que les sigles, emblèmes et devise sont semblables à ceux d'un parti politique déjà agréé", écrit le ministre de l'Intérieur, Pascal Barandagiye, dans cette correspondance adressée à Agathon Rwasa. Il s'agit d'une allusion très claire au parti issu de l'ex-rébellion hutue des Forces nationales de libération (FNL), dont le chef historique Agathon Rwasa avait été évincé en 2011.

Cet opposant a créé son nouveau parti, le Front National pour la liberté (FNL - Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais)) le 13 septembre au cours d'un congrès constitutif à Bujumbura, dans la perspective des élections de 2020 au Burundi.

Le but était d'obtenir l'agrément des autorités pour participer à ces élections générales, car la nouvelle constitution ne permet plus à une coalition d'indépendants de se présenter, comme c'était le cas en 2015 pour la coalition Amizero y'Abarundi.

La coalition Amizero y'Abarundi n'a pas le droit d'organiser de réunions ou de meetings et ses membres sont systématiquement arrêtés dès qu'ils sont réunis au motif qu'il ne s'agit pas d'un parti, selon M. Ndikumana, également président du groupe parlementaire de cette coalition.

Un troisième mandat controversé

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

La presse indépendante encore présente dans le pays continue de documenter chaque semaine des cas d'arrestations arbitraires, de tortures ou de disparitions forcées de militants d'Agathon Rwasa, essentiellement commis par les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, qualifiée de milice par l'ONU.

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