Burundi: l'ONU veut des enquêtes sur les abus présumés des droits de l'Homme

Manifestation du 14 mai 2016 à Bujumbura.
Manifestation du 14 mai 2016 à Bujumbura. - © STR - AFP

Les allégations d'abus des droits de l'Homme au Burundi, notamment des fosses communes, doivent faire l'objet d'investigations. Le Comité de l'ONU contre la torture a lancé vendredi à Genève un appel en ce sens aux autorités burundaises qui avaient suspendu leur dialogue avec lui.

348 exécutions extrajudiciaires en un an

Le Comité se dit "particulièrement troublée" par le chiffre de 348 exécutions extrajudiciaires perpétrées en un an depuis le début des violences liées au processus électoral. Ces données avaient été dévoilées récemment par le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

La présence de neuf fosses communes présumées inquiète également le Comité. Il demande au gouvernement burundais "de mettre en oeuvre sans délai les moyens nécessaires afin de localiser, préserver et mettre en surveillance" ces sites.

Une commission d'enquête indépendante devra ensuite identifier les cadavres si les allégations se vérifient. Autre demande, les familles des victimes doivent pouvoir participer comme partie civile et obtenir des réparations adaptées.

Le Comité souhaite aussi des investigations sur plus de 30 disparitions forcées, un usage excessif de la force et plus de 650 actes de torture. Il demande la fermeture de centres de détention qui ne sont pas reconnus officiellement. Enfin, il exige l'accès aux prisons et aux commissariats pour tous les observateurs dépêchés par le Haut Commissariat, le Conseil des droits de l'Homme et l'Union africaine (UA).

Des mécanismes nationaux et indépendants de prévention de la torture et de dépôt de plaintes devront aussi être mis en place. Les milices devront être contrôlées par les forces de sécurité et leur participation à des exécutions examinée.

Les personnes responsables d'abus sexuels devront être poursuivies et leurs victimes soutenues. Le Comité appelle aussi le gouvernement burundais à mieux sensibiliser les membres des forces de police à leurs responsabilités liées à la Convention contre la torture.

Cesser toute incitation à la haine et libérer les personnes détenues arbitrairement

Il lui demande encore de protéger les minorités, cesser toute incitation à la haine, libérer les personnes détenues arbitrairement et garantir des procès équitables. Les membres de la société civile doivent par ailleurs pouvoir être défendus.

L'examen spécial du Burundi par le Comité a eu lieu fin juillet, avec deux ans d'avance. Lundi, l'enceinte avait dénoncé les représailles contre quatre avocats burundais, Mes Armel Niyongere, Lambert Nigarura, Dieudonné Bashirahishize et Vitale Nshimirimana, qui avaient coopéré avec lui. Elle demande au gouvernement de les protéger, alors qu'ils sont menacés de radiation.

Les avocats avaient contribué à un rapport d'ONG. Après la publication de ce document, la délégation officielle burundaise avait boycotté le dialogue avec le Comité, une première pour un Etat partie.

 

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