Burundi: aucune demande d'extradition reçue en Belgique contrairement aux affirmations

Douze personnes, dont des figures de la société civile comme Pacifique Nininahazwe,  se sont exilés en Belgique.
Douze personnes, dont des figures de la société civile comme Pacifique Nininahazwe, se sont exilés en Belgique. - © ROBERTO SCHMIDT - AFP

La Belgique n'a reçu aucun mandat d'arrêt international prétendument émis par les autorités burundaises à l'encontre d'opposants, responsables de la société civile, frondeurs du parti au pouvoir et militaires hostiles au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza réfugiés en Belgique, a indiqué dimanche le ministère des Affaires étrangères.

"Nous n'avons reçu par les canaux diplomatiques (utilisés dans de tels cas, ndlr) aucune demande d'extradition", a déclaré un porte-parole du Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères, Michael Mareel, interrogé par l'agence Belga.

Des demandes normalement émises le 12 octobre

Selon plusieurs médias, dont Radio France Internationale (RFI) et l'hebdomadaire burundais "Iwacu", citant des sources officielles à Bujumbura, les autorités de Bujumbura ont émis le 12 octobre une quarantaine de mandats d'arrêt internationaux contre des opposants, responsables de la société civile, frondeurs du parti au pouvoir et militaires en exil en Belgique, au Rwanda et aux Pays-Bas.

Douze d'entre eux, dont des figures de la société civile comme Pacifique Nininahazwe, des frondeurs comme l'ancien vice-président de la République Gervais Rufyikiri et l'ex-président de l'Assemblée nationale Pie Ntavyohanyuma se sont exilés en Belgique.

Ces deux derniers, des ex-caciques du régime ayant clairement exprimé leur opposition à un troisième mandat du président Nkurunziza, avaient spectaculairement fait défection pour se réfugier fin juin en Belgique.

Viol de la Constitution

Pierre Nkurunziza avait finalement été réélu à la mi-juillet pour un 3ème mandat, qui, selon l'opposition, la société civile et jusqu'à une partie de son propre camp, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (300 000 morts entre 1993 et 2006).

Sa candidature puis sa réélection ont plongé le Burundi dans une crise politique profonde, émaillé de violences qui ont fait plus de 200 morts selon l'ONU.

Concernant les demandes d'extradition prétendument adressées au Rwanda - où se sont réfugiés des milliers de Burundais fuyant les violences liées aux élections -, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, s'est, selon l'hebdomadaire 'Iwacu', contentée de rappeler avec ironie que Kigali avait demandé à Bujumbura il y a quelques années de signer un accord d'extradition, une demande restée lettre morte.

 


Belga

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