Burundi: arrestation d'un opposant, la principale radio indépendante fermée

"La radio vient de fermer sur décision des autorités. Il va falloir une nouvelle demande pour la réouverture", a annoncé Gilbert Niyonkuru.

La Radio publique africaine (RPA), régulièrement accusée de proximité avec l'opposition par le pouvoir, est la radio la plus écoutée du Burundi.

Depuis dimanche, elle ne pouvait déjà plus émettre au-delà de Bujumbura, comme les deux autres principales radios indépendantes du pays, accusées comme elle d'inciter la population "au soulèvement" dans le cadre des manifestations contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

A la mi-journée lundi, l'antenne de la RPA dans le nord du pays, RPA-Ngozi, radio communautaire qui couvre les régions nord du Burundi avait aussi été fermée par le gouverneur et le procureur de la province "sur un mandat qui l'accuse de complicité à la participation à un mouvement insurrectionnel", avait annoncé à l'AFP un de ses responsables, Jean-Bosco Ndayiragige

Arrestation d'un opposant

Plus tôt dans la journée, le défenseur des droits de l'Homme Pierre-Claver Mbonimpa a été arrêté. Il avait appelé à manifester contre un éventuel mandat de Pierre Nkurunziza à la tête de l'État. Son avocat, Armel Niyongere, a affirmé ne pas avoir officiellement été informé des accusations portées contre son client, mais "pense que c'est lié à son appel à manifester aujourd'hui".

Selon des sources concordantes, un mandat d'arrêt a aussi été émis contre Vital Nshimirimana, principal organisateur, au sein de la société civile, de la campagne contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza.

Entre dimanche et lundi, "environ 320 personnes" ont au total été arrêtées, a affirmé un haut gradé de la police.

 

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répression à Bujumbura / © Marc Hildesheim © Tous droits réservés

Une journée marquée par des violences

Trois personnes ont péri dimanche dans des affrontements entre manifestants et policiers - deux sur le coup, une des suites de ses blessures -, selon un nouveau bilan de la Croix-Rouge. Deux autres personnes ont ensuite été tuées dans des descentes nocturnes réalisées, selon des témoins, par des jeunes du parti présidentiel dans le quartier de Cibitoke, où les affrontements avaient été les plus violents dans la journée.

Pour tenter de calmer le jeu, partout à travers la capitale burundaise lundi, c'est l'armée, perçue comme plus neutre que la police par la population, qui a été déployée.

"Nous ne participons pas directement à la gestion des manifestations mais nous sommes là pour sécuriser la population", a déclaré le porte-parole de l'armée, le général Gaspard Baratuza.

Alors que le gouvernement a interdit les manifestations à travers le pays, un millier de jeunes ont malgré tout de nouveau tenté lundi matin de quitter Cibitoke, situé dans le nord de la capitale, pour rejoindre le centre-ville. Branches d'arbre en main en signe de leur volonté de manifester pacifiquement, ils ont très vite été stoppés par la police anti-émeute. Selon des témoins, d'autres manifestants, répondant à l'appel de l'opposition et d'une grande partie de la société civile, ont tenté de rejoindre le centre depuis d'autres quartiers pour, aussi, contester l'investiture samedi de M. Nkurunziza par son parti, le Cndd-FDD, à la présidentielle du 26 juin. Ils ont été dispersés de la même façon.

Dans l'après-midi, des incidents sporadiques ont opposé dans le sud de la capitale des manifestants et des policiers qui tentaient de les empêcher de gagner le centre après la fermeture de la RPA. Mais le centre de Bujumbura lui-même, où commerces et écoles étaient restés fermées, est lui-même resté calme.

 

Belga

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