Burkina: "Le pouvoir ne nous intéresse pas", promet l'armée au pouvoir

Burkina: "Le pouvoir ne nous intéresse pas", promet l'armée au pouvoir
Burkina: "Le pouvoir ne nous intéresse pas", promet l'armée au pouvoir - © ISSOUF SANOGO - BELGAIMAGE

L'armée burkinabè a réaffirmé dimanche soir son engagement à mettre en place un régime de transition dans la concertation, dans un communiqué lu lors d'une conférence de presse après des négociations avec l'opposition. Une opposition qui, comme l'ONU, réclame une transition pilotée par un civil.

"Un organe de transition sera mis en place avec toutes les composantes qui seront arrêtées par un large consensus, et dont la durée sera précisé", selon ce communiqué lu par le colonel Auguste Barry, un des adjoints du lieutenant-colonel Isaac Zida.

Ce dernier est le nouvel homme fort du Burkina Faso, porté samedi par l'armée à la tête d'un régime de transition après la chute du président Blaise Compaoré.

Mais il est contesté par l'opposition, la société civile et aussi par la population dans la rue, qui exigent un régime de transition dirigé par un civil.

"Le pouvoir ne nous intéresse pas, seul l'intérêt supérieur de la Nation prime", affirme l'armée. "Les enjeux actuels dépassent les intérêts d'ego", poursuit-elle.

Retour au calme

L'aéroport est rouvert, et l'ordre revient petit à petit. Les Ouagalais ont passé le week-end à nettoyer les rues de la capitale après les journées d'insurrection de la semaine.

Sur le plan politique, c'est donc encore la plus grande confusion qui règne entre l'armée et les civils, et entre les civils eux-mêmes: les partis de l'opposition ne se sont pas encore mis d'accord sur un candidat.

Et cette confusion s'est illustrée dimanche après-midi devant la radio-télévision nationale où, tour à tour, une représentante d'un parti d'opposition et le très populaire général à la retraite Kwamè Lougué ont tenté de venir faire une déclaration, et de s'auto-proclamer chef du régime de transition.

Face au mouvement de foule qui menaçait les locaux de la RTB, les militaires ont effectué des tirs de sommation. Un civil a été tué par une balle perdue.

Dans l'après-midi, l'armée a bloqué les accès à la place de la Nation, cette place que les manifestants ont rebaptisée Place de la Révolution. Des tractations étaient en cours en fin de journée entre les militaires et les représentants de l'opposition politique. Mais il faut compter avec un autre acteur: le mouvement du Balai citoyen, qui a lancé l'insurrection qui a abouti à la démission du chef de l'Etat.

Il s’agit d’un mouvement issu de la société civile. Créé l'an dernier et animé par deux jeunes chanteurs populaires, il a réussi à rassembler des milliers de manifestants. Et il cherche sa place entre l'armée et une classe politique assez déconnectée de la population.

Aujourd’hui, l’ONU, l’Union africaine et la CEDEAO plaident aussi tous trois pour une transition pilotée par un civil.

Belga et RTBF

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