Bulgarie : cible de manifestations depuis des mois, le Premier ministre envisage de se retirer

Depuis plusieurs mois des manifestants protestent quotidiennement.
Depuis plusieurs mois des manifestants protestent quotidiennement. - © NIKOLAY DOYCHINOV - AFP

Le Premier ministre Boïko Borissov, cible de manifestations depuis près d’un mois, a laissé entrevoir ce mercredi la possibilité d’un retrait si cela permettait à sa majorité de se maintenir au gouvernement jusqu’aux prochaines élections en mars 2021.

"Si c’est moi le problème, alors je pars tout de suite", a lancé le dirigeant conservateur, au pouvoir depuis bientôt dix ans, lors d’une réunion rassemblant à Sofia 4000 représentants de son parti, le GERB.

"Je vais poursuivre les discussions avec mes partenaires de coalition et je vais proposer des options, y compris celle de partir et de laisser le gouvernement au pouvoir", a ajouté Borissov, 61 ans, qui dirige le pays aux côtés d’une formation nationaliste.

Formellement, si Borissov souhaite maintenir son gouvernement, il ne peut pas démissionner. Il n’a pas donné plus d’explications et dit "travailler à de nombreux scénarios".

Des dizaines de manifestants ont essayé de bloquer l’entrée du site, ce qui a donné lieu à de brèves escarmouches.

Manifestations quotidiennes

Depuis des perquisitions ordonnées par le parquet ayant visé le 9 juillet l’entourage du chef de l’État Roumen Radev, opposé à Borissov, des milliers de personnes majoritairement jeunes et diplômées manifestent quotidiennement contre le gouvernement.

Les participants à ces protestations, les plus importantes depuis 2013, réclament la démission de Borissov, contesté pour les liens supposés entretenus entre sa majorité et certains oligarques, accusés d’influencer l’exécutif pour leur intérêt personnel.


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Au pouvoir avec quelques interruptions depuis 2009, Boïko Borissov marque par sa longévité l’histoire post-communiste de la Bulgarie, qui compte 6,95 millions d’habitants. Treize ans après avoir rejoint l’UE, elle en reste le pays le plus pauvre et le plus gangréné par la corruption, pour l’ONG Transparency International.
 

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