Budget UE: concessions des États mais vote incertain du Parlement

Le chef de la diplomatie irlandaise Eamon Gilmore, le 29 mai 2013 à Paris
Le chef de la diplomatie irlandaise Eamon Gilmore, le 29 mai 2013 à Paris - © Eric Piermont

La présidence irlandaise de l'UE a présenté mercredi une série de concessions pour tenter de satisfaire les exigences du Parlement européen sur le budget 2014-2020 et obtenir son accord en juillet, mais la proposition a été jugée très insuffisante par une partie des négociateurs.

"Nous nous sommes mis d'accord avec le chef de la délégation du Parlement européen Alain Lamassoure sur un paquet à soumettre aux États et au Parlement européen", a annoncé à la presse le chef de la diplomatie irlandaise Eamon Gilmore à l'issue d'un marathon de 16 heures de négociations.

Eamon Gilmore était seul pour faire cette déclaration devant la presse. La délégation du Parlement européen est en effet très réservée sur ce "paquet" censé satisfaire ses quatre principales exigences.

"Certains membres de la délégation du Parlement européen sont très réservés et c'est pour cette raison que je n'ai pas pu donner l'accord du Parlement", a expliqué à l'AFP l'élu conservateur français Alain Lamassoure, président de la commission des budgets.

"Nous nous sommes mis d'accord avec la présidence irlandaise sur le contenu d'un compromis possible", a-t-il précisé. "Nous ne pouvions plus négocier davantage. Chacun est allé au-delà de son mandat", a-t-il soutenu.

Il appartient désormais aux États et au Parlement européen de donner leur accord, a souligné Alain Lamassoure.

Eamon Gilmore présentera ce compromis mardi prochain à ses homologues réunis à Luxembourg.

Flexibilité

L'unanimité des États est requise pour approuver cette proposition, qui prévoit une certaine flexibilité pour l'utilisation des fonds, une révision de ce budget pluriannuel en 2016, une discussion sur les moyens de doter le budget européen de ressources propres et un engagement des États à rallonger le budget 2013 de 11,2 milliards d'euros.

Eamon Gilmore s'est dit "confiant", mais tous ces points sont contestés par plusieurs États membres.

Le Parlement européen devra pour sa part décider s'il vote en juillet ce compromis et le projet de budget pluriannuel. Une majorité de 375 élus sera nécessaire.

Alain Lamassoure pense qu'une "assez large majorité" de son groupe, le Parti populaire européen, "sera favorable", mais il a reconnu que la partie serait "moins facile avec les autres groupes".

Le représentant du groupe socialistes au sein de la délégation conduite par Alain Lamassoure, Ivailo Kalfin, s'est dit "non satisfait" de la proposition de compromis. "Elle est très loin des demandes du Parlement", a-t-il indiqué dans un message sur son compte Twitter.

Le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, va consulter mardi les groupes politiques pour "voir si cette proposition tient la route". C'est au terme de cette réunion que sera décidé si le Parlement européen va au vote au cours de la session plénière de juillet à Strasbourg, a indiqué Alain Lamassoure.

AFP

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