Budget italien: faut-il craindre une nouvelle crise dans la zone euro?

temporary-20181109125343
temporary-20181109125343 - © ALBERTO PIZZOLI - AFP

Le gouvernement italien n’a plus que quelques jours pour soumettre à la Commission européenne une version révisée de son budget 2019. Il doit remettre une nouvelle copie d'ici le 13 novembre prochain. 

Pour Eric Dekeuleneer, professeur d'économie à l'Université Libre de Bruxelles, le budget italien n'est pas conforme à ce que le pays s'était engagé à faire mais respecte tout de même certaines des règles européennes: "le déficit est inférieur à 3%, ce qui est dans les règles. Mais, l'Italie avait promis un déficit beaucoup plus faible surtout parce qu'elle doit tenir compte d'une dette publique extrêmement importante qu'elle s'était engagée à réduire."

Les mêmes règles pour tous ?

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, expliquait ce jeudi encore que l'exécutif européen n'avait pas d'autre choix que de demander à l'Italie de réviser son budget. Il assure que la Commission européenne, gardienne des Traités, applique à l'Italie les mêmes règles qu'aux autres Etats membres. Eric Dekeuleneer, professeur d'économie à l'Université Libre de Bruxelles, dresse un constat plus nuancé:

"Il n'y a pas vraiment de traitement différencié mais par rapport à des règles qui sont relativement récentes. Au début des années 2000, l'Allemagne et la France se sont retrouvées en dehors des clous. Et personne n'a rien dit, ce qui peut faire apparaître une application différente des règles selon les fauteurs."

Est-ce qu'on peut trouver un compromis ? 

La Commission européenne a le droit pour elle. Mais, il semblerait qu'elle est en train de perdre la guerre de la communication face au gouvernement italien. En particulier face au vice-premier ministre Matteo Salvini, leader de l'extrême droite italienne qui ne cesse d'attaquer la légitimité de la Commission. Est-ce qu'il serait possible de trouver un compromis? 

Selon Eric De Keuleneer, si le gouvernement italien avait pris un certains nombres de mesures structurelles susceptibles de favoriser la relance, la réception au niveau européen aurait pu être différente.

"Le problème dans ce budget italien c'est qu'il comprend très peu de réformes courageuses. Ici, c'est un budget qui semble viser à faire plaisir à tout le monde et, en essayant de faire plaisir aux électeurs du mouvement 5 étoiles, ceux de la Ligue et à d'autres électeurs que les uns et les autres espèrent attirer... Finalement, en ne faisant de la peine à personne, on creuse le déficit.", explique l'économiste belge. 

Une sortie de l'Italie de la zone euro est-elle imaginable?  

"Personnellement, je crois qu'il y a des manières d'envisager des sorties partielles pour des pays qui ne respecteraient plus les règles. Ces pays-là se verraient limiter dans l'usage de l'euro, parce que même si un Etat membre décidait de sortir de l'union monétaire, l'euro resterait présent. Il y a des centaines de milliards d'euros qui circulent en Italie. Cela ne disparaîtrait pas du jour au lendemain.", affirme Eric De Keuleneer. 

Découvrez l’intégralité de l’interview d'Eric De Keuleneer, ce vendredi à 19h10 dans La Semaine de l'Europe sur La Première

Toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne. 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK