Budget: face à la Commission, l'Italie persiste et signe

Le Premier ministre Giuseppe Conte au centre entouré de ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio (à gauche) et Matteo Salvini (le 15 octobre 2018 à Rome)
Le Premier ministre Giuseppe Conte au centre entouré de ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio (à gauche) et Matteo Salvini (le 15 octobre 2018 à Rome) - © Filippo MONTEFORTE

Le gouvernement italien avait jusqu'à mardi soir minuit pour modifier ses prévisions budgétaires pour 2019, après que la Commission européenne les a rejetée en octobre dernier. Les tensions entre l'Italie et l'Union Européenne risquent d'augmenter dans les prochains jours, mais les deux partis populistes qui forment ce gouvernement ont décidé de ne rien changer. 

"Pas question de jouer en défense, nous jouons en attaque." Au pays du calcio, cette métaphore footballistique entendue à la fin de la réunion organisée ce mardi soir à Rome donne une bonne image de la situation. Critiqué par le Fonds monétaire internationale, par la banque centrale européenne et par les autres états membres, le gouvernement italien ne veut rien céder : pas question de montrer aux électeurs du Mouvement 5 étoiles et de La Ligue que les hommes forts, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, plient devant cette Europe tant honnie sur les bords du Tibre.

Un mécanisme de contrôle pour éviter tout dérapage de l'endettement

Dans sa lettre, le gouvernement, qui se revendique populiste, répète que l'endettement italien augmentera bien de 2,4 % en 2019, de quoi diminuer l'âge de la retraite et prévoir un revenu citoyen pour les plus pauvres. Seule concession : un mécanisme de contrôle est introduit pour éviter tout dérapage de cet endettement excessif. Ce mercredi les commissaires européens analyseront la réponse italienne et une procédure d'infraction pourrait être décidée. Matteo Salvini a déjà affirmé que même si l'Europe n'est pas d'accord, il a bien l'intention d'aller de l'avant. 

Selon la Commission, les mesures prévues dans le budget risquent de pousser le déficit à 2,9% l'an prochain et à 3,1% en 2020. 

Poignée de main entre le commissaire européen Pierre Moscovici et le ministre italien de l'économie Giovanni Tria, récemment:

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