Budget européen: une charge supplémentaire de près de 1,2 milliard d'euros par an pour la Belgique?

Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent à Bruxelles pour décider du budget européen pour les 7 prochaines années.

Charles Michel, le président du Conseil européen, va chercher à concilier tous les points de vue. Une tâche difficile tant les positions entre les Etats membres sont tranchées. D’un côté, il y a ceux qui comme la Suède, le Danemark, l’Autriche et les Pays-Bas veulent strictement limiter leur contribution au budget européen. De l’autre, il y a ceux qui refusent que l’on touche à la politique de cohésion. Entre les deux, il y a la Belgique, dont la position est nettement moins radicale.

Les provinces de Hainaut, Liège et Namur touchées

C’est une tradition lors de ces difficiles négociations budgétaires, la Belgique ne joue pas des coudes pour faire passer ses exigences devant celles de ses partenaires européens. Pas de posture radicale. Pas de ligne rouge. Ce qui importe, explique une source diplomatique, c’est qu’au final l’Europe soit dotée de politiques ambitieuses et réalistes. Il n’empêche, derrière cette posture de bon élève de la classe européenne, notre pays aussi va défendre son bout de gras. D’autant que les nouvelles projections de la copie proposée par Charles Michel devraient représenter une charge supplémentaire de près de 1,2 milliard d’euros par an sur les finances du pays, expliquait la Première Ministre Sophie Wilmès cette semaine devant la Chambre.

La Belgique perdrait aussi près de 10% des fonds de cohésion et ce sont les régions dites en transition, à savoir les provinces du Hainaut, de Liège, de Namur et le Limbourg qui en souffriraient le plus. Par contre, le choc serait moindre pour la province de Luxembourg, la seule région du pays considérée comme étant en retard de développement qui bénéficierait d’une manne de 111 millions pour les 7 prochaines années.

La PAC ?

L’un des points de discussion les plus virulents portera sur la taille de la future politique agricole commune. Sa part ne cesse de diminuer. Si les discussions ne font pas bouger les lignes, pour la période 2021-2027, les agriculteurs belges devraient recevoir 800 millions d’euros de moins.

Enfin, la Belgique va se battre pour que la part des droits de douane qu’elle perçoit (aujourd’hui de l’ordre de 20%) ne diminue pas à 12,5% comme ce qui est envisagé dans la copie préparée par le président du Conseil européen.

Avec le Brexit, les ports d’Anvers et de Zeebruges seront en première ligne pour contrôler les marchandises provenant du Royaume Uni. Sophie Wilmès fera valoir que cela implique de nouveaux investissements en infrastructures, qu’il faudra aussi engager de nouveaux douaniers. Et que pour cela, la Belgique a besoin de conserver une partie conséquente des droits de douane collectés dans le pays.


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