Bruxelles: Netanyahu salue la décision de Donald Trump et espère que les pays de l'UE feront de même

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a une nouvelle fois salué lundi la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël et a dit s'attendre à voir la plupart des Etats membres de l'Union européenne adopter une position similaire.

Lors de sa visite à Bruxelles, dont le principe avait été décidé avant l'annonce du président Donald Trump sur Jérusalem, Benyamin Netanyahu s'est entretenu avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ainsi qu'avec les ministres des Affaires étrangères des 27.

Auparavant, lors d'un petit déjeuner "informel" avec Benjamin  Netanyahu, les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE l'ont une nouvelle fois appelé à "reprendre des négociations significatives" avec les représentants des Palestiniens, a indiqué la responsable de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini.

Netanyahu à propos de Trump

Selon lui, la décision de Donald Trump de rompre avec la position de ses prédécesseurs sur le statut de Jérusalem est de nature à contribuer à la paix au Proche-Orient. "Cela rend la paix possible parce que reconnaître la réalité est la substance de la paix, le fondement de la paix", a déclaré Netanyahu devant la presse. "Il y a aujourd'hui un effort de l'administration américaine pour promouvoir une nouvelle proposition de paix".

L'initiative du président américain a été condamnée par les Palestiniens et par plusieurs gouvernements européens.

Désaccord avec la colonisation israélienne

Federica Mogherini a rappelé vendredi la position traditionnelle de l'UE sur le conflit entre Israël et les Palestiniens.

"Nous sommes convaincus que la seule solution réaliste est basée sur deux Etats, d'Israël et de Palestine, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats suivant les frontières de 1967", a-t-elle résumé.

Selon Federica Mogherini, "il est dans l'intérêt sécuritaire d'Israël de trouver une solution durable à ce conflit qui dure depuis des décennies".

L'UE veut également mettre à profit la visite de Benjamin Netanyahu pour exprimer son désaccord sur la poursuite de la colonisation israélienne.

Le gouvernement israélien a en effet relancé en octobre des projets de construction de milliers de logements de colons en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée. Environ 400.000 colons israéliens mènent en Cisjordanie une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens.

Fractures

Mais les ministres ont eu du mal à cacher des fractures de plus en plus profondes au sein de l'Union, dans une situation où plusieurs Etats membres - notamment la Hongrie, la Grèce et la Lituanie - veulent gommer les aspérités de la difficile relation entre l'UE et Israël.

La Hongrie a ainsi, au-delà de la question de la colonisation et d'une reprise du dialogue avec l'Aurtorité palestinienne. Une autre question sensible, qui a été abordée à Bruxelles, est la destruction par Israël en Cisjordanie occupée d'infrastructures destinées à "des communautés palestiniennes vulnérables" financées par des fonds de l'UE ou des Etats membres.

Demande de compensations

Dans des affiches placardées au Parlement européen interpellant Benjamin Netanyahu, des eurodéputés présentent une "facture" de 1,2 million d'euros pour des écoles, des citernes d'eau, des systèmes électriques et d'autres installations qui ont été selon eux "délibérément détruits ou confisqués par Israël, en dehors d'hostilités militaires et en violation du droit humanitaire international".

Plusieurs Etats membres ont récemment écrit au gouvernement israélien pour lui demander des "compensations" pour ces destructions.

Benjamin Netanyahu reçu par Federica Mogherini ce matin à Bruxelles

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