A Bruxelles, les maires catalans demandent la libération des "prisonniers politiques"

Les maires catalans ont déployé une banderole demande la libération des "prisonniers politiques"
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Les maires catalans ont déployé une banderole demande la libération des "prisonniers politiques" - © RTBF

Plus d'une centaine de maires indépendantistes catalans se sont rendus à Bruxelles ce mardi. Interrogée à son arrivée à l'aéroport une des membres de la délégation, la maire d'Anglès (5500 habitants) Astrid Desset a expliqué à la RTBF que le but de ce déplacement était notamment de "remercier la Belgique d'avoir accueilli ceux qui pour nous sont toujours notre gouvernement et notre président".

L'élue a remercié au passage la justice belge. "Nous désirerions avoir une justice comme la vôtre, mais malheureusement ce n'est pas possible. Nous voulons aussi montrer à notre gouvernement que nous sommes de leur côté. Nous voulons aussi demander à l'Europe qu'elle nous écoute un peu parce que nous avons l'impression d'être un peu abandonnés. Nous voulons faire passer le message que, sur 948 maires en Catalogne, 760 sont pour l'indépendance. Nous nous sommes permis de voter : voilà notre crime. Si c'est un crime, qu'ils nous mettent aussi en prison, ou alors qu'ils libèrent le gouvernement et les civils qui sont en prison. Nous nous adressons à l'Europe parce que nous nous sentons aussi Européens. Le 21 décembre, nous saurons quelle sera la position de la société catalane. Ce qui ne nous a pas été permis de faire le 1er octobre, se fera également le 21 décembre". Des élections anticipées auront lieu le 21 décembre en Catalogne.

"Nous demandons que l'UE respecte ses propres traités"

"Sept-cent maires catalans risquent d'être poursuivis par la justice dans les prochains jours parce qu'ils sont pour l'indépendance", affirme le député européen Jordi Solé, également maire de la commune de Caldes de Montbui. "Nous sommes venus à Bruxelles afin d'expliquer que notre gouvernement n'a fait que suivre la volonté des électeurs Catalans. Avec le référendum, nous espérions obtenir un dialogue, mais nous avons subi des violences policières et des poursuites", selon lui.

La délégation catalane souhaite que l'Union européenne s'exprime de manière ferme sur les événements en Espagne. "Nous, Catalans, avons toujours cru dans les affaires européennes, mais nous nous sentons abandonnés. Les déclarations du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker selon lesquelles le gouvernement applique la loi amplifient notre déception. Mais ce n'est pas nouveau que les institutions européennes sont du côté de Madrid."

Pour Ramon Tremosa i Balcells, député européen au sein de la fraction libérale ALDE, l'Union européenne se détourne de deux principes de base. "Nous demandons que l'UE respecte ses propres traités. Les actions du gouvernement espagnol et les poursuites de la justice entrent en opposition avec la liberté d'expression et le droit de rassemblement. De plus, le gouvernement enfreint le principe de non agression militaire sur son propre peuple."

La délégation est arrivée vers 14 heures au rond-point Schuman, devant le Berlaymont, siège de la Commission européenne. Dans un joyeux désordre, les maires ont déployé une banderole demandant (en anglais) la libération des "prisonniers politiques" et ont scandé le slogan "Libertat" ("Liberté"). Ils ont ensuite chanté l'hymne catalan.

Dans la foule, on pouvait voir le drapeau de la Flandre, au côté de celui des indépendantistes catalans.

En fin d'après-midi, un événement est organisé à Bozar.

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