Le Brunei instaure la peine de mort par lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère

Le petit Etat de Brunei a instauré la peine de mort par lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère, nouvelle législation d'inspiration islamique qui suscite une vague d'indignations d'ONG, de personnalités et de gouvernements dans toute la planète.

Les nouvelles lois rendent les rapports sexuels entre les hommes passibles de la peine capitale par lapidation. Les relations entre femmes sont passibles d'un maximum de 10 ans de prison. Jusque-là, les relations sexuelles entre hommes, déjà illégales à Brunei, étaient punies d'une peine maximale de dix ans de prison.

Dans les faits, il n'est pas sûr que la peine la plus sévère, la lapidation, soit un jour mise en pratique. Les conditions à réunir pour que la justice parvienne à une sentence de lapidation resteront exceptionnelles : un accusé doit soit avouer son crime, soit l'avoir commis devant au moins quatre témoins.

Le pays riche en hydrocarbures situé sur l'île de Borneo, dirigé d'une main de fer depuis 1967 par le sultan Hassanal Bolkiah, devient ainsi le premier pays d'Asie du Sud-Est à appliquer au niveau national un code pénal suivant la charia la plus stricte, comme le fait l'Arabie saoudite.

Pluies de critiques internationales

L'entrée en vigueur de cette législation a semé la consternation dans le monde entier, l'ONU dénonçant des "peines cruelles et inhumaines". La star américaine du cinéma George Clooney, rejoint par le chanteur britannique Elton John, avait propulsé le sujet en une de l'actualité internationale en lançant un appel au boycottage de neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei. Des élus de la ville de Los Angeles, qui abrite deux de ces hôtels, ont joint leur voix à cet appel.

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Des représentants du gouvernement ont confirmé l'entrée en vigueur de ce nouveau code pénal, qui a été dénoncé comme une atteinte aux droits humains. Phil Robertson, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch, estime que le texte est "barbare dans son essence" et "impose des punitions archaïques pour des actes qui ne devraient même pas être considérés comme des crimes".

Pour l'Union européenne, certains aspects de la législation relèvent "de la torture ou d'actes cruels, inhumains et dégradants". En France, le ministère des Affaires étrangères a appelé le sultan à "renoncer à ce projet et à maintenir son moratoire de fait des exécutions capitales depuis 1957".

Les Etats-Unis ont souligné que la législation était contraire "aux obligations internationales" de Brunei "vis-à-vis des droits de l'homme". Le sultan, l'une des plus grandes fortunes au monde, avait annoncé dès 2013 l'application progressive de la charia.

L'appel au boycott du Sultanat de Brunei (VEWS 01/04/2019)

Les stars appellent au boycott 

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