Bristol, la statue de la discorde remplacée par une sculpture illégale aussi vite retirée

Elle est arrivée vers 5 heures du matin, dans la plus grande illégalité. Avec son équipe, l’artiste et sculpteur Marc Quinn a posé son hommage au mouvement Black lives Matter sur un socle vide.

Une femme, noire, poing levé vers le ciel trône désormais fièrement en centre de la ville. Une œuvre intitulée " Surge of power ", montée en puissance. A ses pieds, une pancarte : Black lives still matter (la vie des Noirs compte toujours).

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Cette femme c’est Jen Reid, une activiste et militante pour les Droits des Noirs. Il y a quelques semaines, après avoir manifesté dans les rues de la ville contre les discriminations raciales, sa photo s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. L’artiste Marc Quinn l’a repérée et a immédiatement décidé d’en faire une œuvre d’art.

" J’ai pensé que ce moment génial qu’elle a elle-même créé pourrait être figé, amplifié et rester là un peu plus longtemps que les 30 secondes ou elle a pris la pause" a-t-il déclaré à l’AFP.

Une sculpture source de controverse

La sculpture d’Edward Colston avait été déboulonnée début juin lors de manifestations du mouvement Black Lives Matter ayant suivi la mort de George Floyd.

La place d’Edward Colston, marchand d’esclaves de la fin du XVIIe siècle, faisait débat depuis des années. Déboulonnée puis jetée dans le fleuve début juin, le sort de la statue, repêchée depuis, n’avait pas été fixé. Pour de nombreux Britanniques, elle n’a plus sa place dans les villes du royaume.

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Edward Colston s’est enrichi dans le commerce des esclaves. Il aurait vendu 100.000 esclaves d’Afrique de l’Ouest dans les Caraïbes et aux Amériques entre 1672 et 1689, avant d’utiliser sa fortune pour financer le développement de Bristol, ce qui lui a longtemps valu une réputation de philanthrope.

 

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Et maintenant ?

" Surge of Power " a été installée dans le plus grand secret, illégalement. Ce jeudi à l'aube, elle a été enlevée. Selon la municipalité, la statue a été retirée à la demande de l'artiste, précisant qu'elle serait placée dans son musée pour que son auteur puisse la récupérer ou la donner à la collection de la ville. Réagissant mercredi à l'installation de l'oeuvre, le maire de Bristol Marvin Rees avait dit sur Twitter comprendre que les gens veuillent "s'exprimer", mais que la statue installée "sans autorisation" devrait être retirée.

 

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