Brexit: "pas de nouveau report si l'accord n'est pas ratifié d'ici au 12 avril" selon Jean-Claude Juncker

Le 12 avril est la dernière date limite pour la ratification de l'Accord de retrait entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, a prévenu ce mercredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Aucun nouveau report à court terme de la date du divorce ne sera possible après cette date, a-t-il ajouté.

Aucune extension courte possible

"Le 12 avril est l'ultime date limite pour une ratification de l'Accord de retrait par la Chambre des communes", a-t-il déclaré devant le Parlement européen. "Si cela n'a pas encore été fait d'ici là, aucune nouvelle extension courte ne sera possible. Un 'no deal' à minuit le 12 avril est désormais un scénario très probable. Ce n'est pas l'issue que je souhaite. Mais c'est une issue à laquelle j'ai fait en sorte que l'UE soit prête."

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"Nous travaillerons, Etats membres et Parlement européen, jusqu'au dernier moment pour éviter un 'no deal'" a dit M. Juncker, au moment où la Première ministre britannique Theresa May cherche un compromis avec l'opposition à Londres. La dirigeante conservatrice rencontre ce mercredi le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, pour trouver un compromis sur la manière dont le pays va sortir de l'UE, après trois rejets par les députés britanniques de l'accord de retrait négocié avec Bruxelles.

"Je crois qu'un 'no deal' le 12 avril à minuit est devenu un scénario de plus en plus vraisembable", a dit le chef de l'exécutif européen, en référence à la nouvelle date butoir du Brexit, initialement programmé le 29 mars.

Il y a dix jours, l'UE avait exigé que l'accord de retrait soit approuvé par le parlement britannique avant le 29 mars pour accepter de reporter le Brexit jusqu'au 22 mai. "Cela n'a pas été le cas", a constaté M. Juncker, qui a cependant estimé que les nouveaux plans de Mme May mardi justifiaient de donner à Londres "quelques jours de plus".

Eviter un divorce sans accord

"Si le Royaume-Uni est en mesure d'approuver l'accord de retrait avec une majorité viable d'ici au 12 avril, alors l'Union européenne devrait, également dans ce cas, accepter une prorogation jusqu'au 22 mai", a-t-il dit. Dans le cas contraire, "aucune prolongation supplémentaire de courte durée ne sera possible", a-t-il insisté.

Comme le soulignent tous les responsables européens, faute de court report, la seule alternative à un divorce brutal serait alors le scénario d'un report de longue durée, que l'UE assortirait de nombreuses conditions.

Lors du sommet européen extraordinaire prévu le 10 avril, "nous écouterons la Première ministre Theresa May nous exposer ses intentions et nous déciderons de la voie à suivre", a dit M. Juncker, déterminé à éviter un divorce sans accord. "Les seuls qui profiteraient d'un tel choc sont les adversaires d'un ordre mondial fondé sur des règles. Les seuls qui se verraient renforcés sont les populistes et les nationalistes", a-t-il estimé.

 

 

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