Marée humaine à Londres contre le Brexit

Les opposants au Brexit sont une nouvelle fois descendus dans les rues de Londres. Mais la manifestation de ce samedi avait des allures particulières. Gigantesques. Londres n'avait pas connu une telle mobilisation depuis les manifestations contre la guerre en Irak en 2003.  

La plus grande manifestation à Londres depuis 2003

La dernière mobilisation en lien avec le Brexit s'était, quant à elle, déroulée en juin dernier. 100.000 personnes s’étaient rassemblées.

Ce nombre a été, cette fois, largement dépassé puisque les médias britanniques évoquent une foule de plusieurs centaines de milliers de participants. Les organisateurs en revendiquent 670.000.  Interrogée par l'AFP, la police britannique n'a pas communiqué de chiffre de son côté. 

Quelque 150 cars avaient été affrétés pour l’occasion à l’appel de l’organisation militante "People’s vote". Ses membres espéraient réaliser "la plus grande" et "la plus bruyante" manifestation jamais organisée en faveur d’un nouveau référendum sur le Brexit. Il semblerait qu'ils y soient parvenus. 

Les organisateurs estiment que les Britanniques, qui se sont prononcés à 52% en faveur de la sortie de l'UE lors du référendum du 23 juin 2016, auraient voté différemment s'ils avaient eu conscience des réels enjeux du Brexit.

Le maire de Londres en tête de cortège

Le cortège s'est lancé vers 13 heures avec, à sa tête, Sadiq Khan, le maire de Londres. Le travailliste plaide depuis septembre pour un deuxième vote populaire sur le Brexit.

"La marche d'aujourd'hui concerne l'avenir et non le passé. Le moment est venu. Il est temps que cette question vitale soit retirée des mains des politiciens et renvoyée au peuple britannique", a-t-il déclaré dans un discours tenu lors de la manifestation.

"Que le peuple britannique ait le dernier mot"

Sous un doux soleil automnal, la foule compacte s'est rassemblée dans l'après-midi devant le Parlement britannique et dans les rues alentours, agitant de nombreux drapeaux européens, après avoir parcouru le centre de Londres et traversé le quartier des ministères en soufflant avec enthousiasme dans des sifflets. 

Les manifestants demandent qu'après des mois de négociations, le fin mot sur le Brexit puisse revenir au peuple britannique. Ils l'ont exprimé jusque sur la porte du ministère des Affaires Étrangères. 

Peu de chance d’être entendus

Malgré le soutien de l’ancien premier ministre Tony Blair, les opposants au Brexit ont peu de chance d’être entendus. Comme l’a déclaré Theresa May, l’actuelle cheffe du gouvernement : "Il n’y aura pas de second référendum. Les gens ont voté". La Première ministre se montre déterminée à "mettre en oeuvre" le résultat du référendum.

À quelques mois du Brexit (prévu le 29 mars 2019), les négociations entre Londres et Bruxelles bloquent toujours, en particulier sur la question de la frontière avec l’Irlande et sur la façon dont le Royaume-Uni quittera l’UE. Les uns et les autres se préparent dès lors à une sortie du Royaume-Uni sans accord préalable, un Brexit "dur".

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