Brexit: les Européens donnent des garanties à Theresa May

Brexit: une lettre de soutien de l'Union européenne à Theresa May
2 images
Brexit: une lettre de soutien de l'Union européenne à Theresa May - © JOHN THYS - AFP

Dans une lettre à Theresa May, l'Union européenne donne des "assurances" sur l'accord de Brexit, une tentative de convaincre les députés britanniques de ne pas rejeter l'accord lors d'un vote crucial mardi.

La chambre des Communes votera mardi soir sur cet accord négocié de haute lutte avec l'Union européenne par Theresa May mais vilipendé tant par les Brexiters que par les europhiles.

La lettre, contenant des "assurances" du président du Conseil européen Donald Tusk et du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, doit donner "aux parlementaires le temps d'examiner ces assurances".

La lettre qualifie le "deal" qui est sur la table de "compromis  équitable" qui "vise à assurer un retrait ordonné du Royaume-Uni de l'Union européenne, limitant ainsi les conséquences négatives du Brexit".

Backstop temporaire

Les Européens ont mis par écrit une nouvelle série de garanties concernant le backstop, la solution imaginée pour éviter dans le futur une frontière dure entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande, seule frontière terrestre entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après le Brexit. La question est sensible et fait craindre le rejet de l'ensemble de l'accord sur le Brexit mardi par les députés britanniques.

Dans cette lettre, le Conseil européen rappelle que l'option du "backstop" ne serait que temporaire. Les Européens promettent de "travailler rapidement sur un accord ultérieur établissant, au plus tard le 31 décembre 2020, des arrangements alternatifs", le but étant d'éviter le retour d'une frontière "dure".

Ce backtstop n’est pas l'option "préférée" de l'Union.

"La Commission peut confirmer que, tout comme le Royaume-Uni, l'Union européenne ne souhaite pas que" cette disposition "entre en vigueur", assure la lettre, dont les clarifications ont "valeur légale".

Les Européens veulent éviter, si possible, son entrée en vigueur et si ce backstop doit quand même être appliqué alors, qu'il le soit le plus brièvement possible.

Ensuite, ils assurent que cette solution ne fragilisera pas l’Accord du Vendredi Saint, l’accord qui, fin des années 1990, a mis fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord. 

Mais les Européens n’iront pas plus loin. Les dirigeants européens précisent ne pas être "en position d'accepter quoi que ce soit qui modifie ou est contradictoire avec l'Accord de sortie". Hors de question de rouvrir les négociations sur le Brexit. D’ailleurs, dans leur lettre, ils précisent qu’il n’est pas question de revoir, en dernière minute, la solution négociée sur la frontière irlandaise.

A peine publiée, la lettre était déjà critiquée : elle "n'apporte pas ce dont a besoin la chambre des Communes", a réagi sur la BBC Nigel Dodds, député du parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, dont le soutien est indispensable à Theresa May pour obtenir la majorité absolue au Parlement.

Elections européennes, "vraie deadline"

Theresa May doit s'exprimer dans l'après-midi devant le Parlement pour évoquer ces nouveaux éléments, a indiqué le ministre du Commerce international, Liam Fox. "J'espère que mes collègues les écouteront et reconnaîtront que la meilleure façon d'aller de l'avant est de soutenir l'accord", a-t-il déclaré, mettant lui aussi en garde contre les conséquences d'une sortie de l'UE sans accord.

Mais la menace d'un no deal a déjà été contrecarrée la semaine dernière au Parlement, avec l'adoption d'un amendement obligeant l'exécutif à présenter sous trois jours, en cas de rejet de l'accord, un "plan B" amendable.

Un autre amendement à une loi budgétaire, également voté grâce au soutien de conservateurs europhiles, limite les pouvoirs fiscaux du gouvernement en cas d'absence d'accord.

"Dans le cas où il n'y aurait pas d'accord, il existe la possibilité de continuer à en chercher un, il est possible aussi de prolonger les délais, de continuer à discuter", a souligné lundi le chef de la diplomatie espagnole, Josep Borrell.

"La vraie 'deadline' (date butoir) est les élections européennes car elles ont été planifiées sans représentation britannique, en partant du principe que quand elles auraient lieu (fin mai: ndlr), le Royaume-Uni ne serait plus là", a-t-il ajouté.

En cas de rejet de l'accord, "ce sera à Londres de formuler des demandes et propositions" à l'Union européenne, a indiqué de son côté la présidence française.

Alors que Theresa May s'évertue à défendre son accord, le député conservateur Nick Boles, favorable au maintien du Royaume-Uni dans le marché commun, a évoqué la publication imminente d'un projet de loi destiné à mettre au point un "compromis" en donnant un rôle plus important au Parlement, amoindrissant de fait celui du gouvernement.

Journal télévisé 13H

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK