Brexit: les chercheurs britanniques craignent d'être exclus des fonds européens

Brexit: les chercheurs britanniques craignent d'être exclus des fonds européens
Brexit: les chercheurs britanniques craignent d'être exclus des fonds européens - © CRAIG CONNOR - BELGAIMAGE

Une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord pénalisera les chercheurs britanniques, qui perdront leur accès direct au programme de recherche Horizon 2020 et aux fonds européens, un scénario que la Suisse avait déjà vécu en 2014.

>>Á lire aussi: Un "hard Brexit" serait dangereux pour les économies britannique et européenne

Le Royaume-Uni est le premier bénéficiaire des fonds distribués par le Conseil européen de la recherche (ERC). Au total, 200 projets de recherche britanniques ont bénéficié des contributions européennes l'an dernier.

Ce cas de figure pourrait relever du passé en cas de Brexit sans accord au 30 mars 2019. Les projets en cours pourraient certes être menés à leur terme, mais à partir du moment de la sortie de l'UE les chercheurs du Royaume-Uni ne recevront plus d'argent européen et ils ne pourront pas non plus mener de projets de recherche.

Londres pour renflouer ?

La Suisse était déjà passée par là après l'acceptation de l'initiative de l'UE "contre l'immigration de masse en février 2014. La Commission européenne avait suspendu la participation helvétique à Horizon 2020".

Le même problème devrait aussi se poser outre-Manche, même si le gouvernement a d'ores et déjà annoncé qu'il interviendrait pour boucher les trous.

Car bien que la Grande-Bretagne - comme la Suisse - reçoive plus d'argent de Horizon 2020 qu'elle n'en dépense, Londres est conscient qu'il devra débourser "significativement plus de moyens pour la recherche et le développement» après le Brexit, afin de ne pas perdre «la connexion avec la recherche internationale".

Une exclusion temporaire ?

Pour la Suisse, l'exclusion n'avait pas duré longtemps : dès l'automne 2014, elle avait obtenu une association partielle au programme européen, permettant à nouveau aux chercheurs suisses de participer aux mises au concours de l'ERC. Et, depuis 2017, la Suisse est à nouveau membre à part entière du programme.

Cette association partielle avait été rendue possible par la décision de la Suisse de signer le protocole prévoyant l'extension de la libre circulation des personnes à la Croatie. Bruxelles estimait que la libre circulation et le programme de recherche étaient liés, la première permettant aux chercheurs de se déplacer librement à travers l'Europe.

Une argumentation qui pourrait aussi s'appliquer au Royaume-Uni. En cas de "Brexit ordonné", Londres devrait bénéficier d'une phase de transition qui garantira une participation britannique au programme Horizon 2020 jusqu'à son terme. Pour la période à partir de 2021, la Grande-Bretagne devra négocier un accord d'association au programme «Horizon Europe» - comme la Suisse.

Mais si le Brexit est "dur", c'est-à-dire sans libre circulation des personnes, on ignore si l'UE autorisera une participation des Britanniques au futur programme de recherche, et à quelles conditions. Dans un tel cas de figure, Londres Britanniques espère qu'une solution spéciale pourra être trouvée.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK