Brexit : le vote reporté

C'est ce qui s'appelle des incertitudes de dernière minute. Et elles ne sont pas de nature à rassurer. Theresa May était attendue devant les députés britanniques. Pour "une déclaration", dont on connait désormais la teneur : Theresa May annonce un report du vote sur le Brexit attendu au Parlement. Elle compte finalement revenir à Bruxelles pour rediscuter avec ses homologues européens. Objectif ? Obtenir des garanties supplémentaires. Elle a également affirmé que son gouvernement allait accélérer les préparatifs en vue d'un Brexit sans accord. Les députés britanniques devaient initialement se prononcer sur ce vote crucial dès demain. Et il avait toutes les chances d'être rejeté.

La prudence plutôt que la précipitation ?

Theresa May n'a guère le choix. Un vote, demain, sonnait le glas de sa présence au 10 Downing Street. "Les députés britanniques demeurent particulièrement opposés à la solution trouvée pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande," constate-t-elle, "nous reportons le vote prévu demain." Retarder le vote ? Une tentative d'obtenir d'autres concessions, note certains observateurs. Même des concessions symboliques, pour donner à ses députés qui hésitent encore une excuse pour voter cet accord.

Rien n'est décidément simple dans ce dossier. Dans la matinée, La Première ministre britannique contactait tous ses ministres par téléphone. Objet du coup de fil ? Les tenir au courant de ses échanges entretenus tout au long du week-end avec plusieurs dirigeants européens . "Bien sûr", certifie la porte-parole de Theresa May, "il fut question du Brexit."

Deuxième acte, quelques heures plus tard. Des médias britanniques, citant des sources gouvernementales, entretiennent le doute en affirmant que le vote allait devoir être reporté. C'est le flou car l'entourage de la dirigeante conservatrice avait savoir qu'elle n'avait aucunement l'intention de reculer. "Le vote aura bien lieu comme prévu", communique la porte-parole. Avant un volte-face dans l'après-midi.

On le sait : la Première ministre joue son avenir au 10 Downing Street, lors de ce vote historique sur le traité de retrait de l'Union. Et les informations contradictoires de ces dernières heures ont fait baisser la livre à son niveau le plus bas face au dollar depuis juin 2017. Faut-il le rappeler, l'accord de divorce déçoit tant les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière que les plus ardents "Brexiters", qui redoutent une forme d'amarrage permanent à l'Union européenne.

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