Brexit: le Royaume-Uni évoque "des pas en avant décisifs", mais pour le Parlement, les progrès "sont insuffisants"

Le négociateur en chef du Brexit pour le Royaume-Uni David Davis et son homologue européen Michel Barnier.
Le négociateur en chef du Brexit pour le Royaume-Uni David Davis et son homologue européen Michel Barnier. - © Tous droits réservés

Les quatre premiers cycles de négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne n'ont pas permis de réaliser des progrès suffisants sur les priorités de l'UE, ressort-il d'un projet de résolution élaboré par le groupe de pilotage du Parlement européen (PE) sur le Brexit. Le négociateur en chef du Brexit pour le Royaume-Uni David Davis a estimé jeudi que "des pas en avant décisifs" avaient été réalisés lors de la dernière session de négociations avec l'UE, mais son homologue européen Michel Barnier est moins optimiste: il "reste du travail à faire". 

A moins d'une percée lors du cinquième cycle de négociations sur les trois points prioritaires aux yeux des Européens, la résolution suggère aux dirigeants de l'UE de reporter leur évaluation destinée à savoir si "des progrès suffisants" ont été réalisés.

La facture, le sort des citoyens européens et l'avenir de la frontière avec l'Irlande du Nord

Les 27 pays qui resteront dans l'Union ont fixé trois priorités absolues: la facture que devra honorer le Royaume-Uni en quittant l'Union, le sort des citoyens européens sur le sol britannique et l'avenir de la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord - une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni.

Ce n'est qu'à condition d'avoir accompli des "progrès suffisants" dans ces domaines qu'ils accepteront de discuter, dans une nouvelle phase de négociations, de la "relation future" avec le Royaume-Uni sur le plan commercial.

Les députés se pencheront mardi en plénière à Strasbourg sur le projet de résolution soutenu par la conférence des présidents de l'assemblée parlementaire.

La résolution telle qu'elle sera adoptée détaillera la contribution du Parlement au Conseil européen du 20 octobre à Bruxelles. C'est durant ce sommet que les chefs d'Etat et de gouvernement doivent en théorie évaluer les progrès relatifs aux négociations sur le Brexit.

Encore du travail à faire, selon Barnier

"Nous réalisons des progrès considérables" sur les sujets qui comptent, a affirmé M. Davis à l'issue du quatrième cycle de négociations entre l'UE et le Royaume-Uni qui s'est tenu cette semaine à Bruxelles. M. Barnier a toutefois tempéré l'enthousiasme de son collègue britannique, même s'il a pris acte de la "nouvelle dynamique" instillée par le discours de la Première Ministre britannique Theresa May vendredi dernier en Italie.

"Mais nous sommes loin encore d'atteindre le moment - il faudra plusieurs semaines ou plusieurs mois - où nous pourrons constater des progrès suffisants sur le principe de ce retrait ordonné", a ajouté M. Barnier.

Or il semble de plus en plus compromis que les 27 pourront constater des avancées significatives lors du prochain sommet européen les 19 et 20 octobre à Bruxelles.

Parmi les sujets qui coincent, Michel Barnier a souligné l'incapacité pour les deux camps de s'entendre sur l'autorité de la Cour de justice de l'UE (CJUE), qu'il souhaite voir jouer un "rôle indispensable" dans la garantie des droits des citoyens de l'UE installés au Royaume-Uni une fois le Brexit acté.

Les Britanniques ont, eux, proposé d'intégrer pleinement l'accord de retrait dans la loi britannique, pour que les ressortissants européens puissent s'adresser aux tribunaux du pays en cas de problème.

 

Déclaration du britannique David Davis (anglais)

Traduction: 

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