Brexit: le parti travailliste britannique s'apprête, peut-être, à trancher

Brexit: le parti travailliste britannique s'apprête, peut-être, à trancher
Brexit: le parti travailliste britannique s'apprête, peut-être, à trancher - © DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

Miné par les divisions, le Labour, principal parti d’opposition britannique, s’apprête à voter lundi sur sa position sur le Brexit et pourrait décider… de décider plus tard, comme le souhaite son chef Jeremy Corbyn, pressé de prendre position pour le maintien dans l’UE.

Le congrès du parti s’est ouvert ce week-end dans la station balnéaire de Brighton (sud de l’Angleterre) en plein déchirement autour du Brexit.

Jeremy Corbyn affirme que s’il arrive au pouvoir, son gouvernement organisera un référendum proposant d’un côté une "offre crédible" d’accord de sortie de l’Union européenne, qui inclurait notamment "une nouvelle union douanière" avec l’UE et des garanties sur les droits sociaux et l’environnement, et de l’autre le maintien.

Plus de trois ans après le référendum de juin 2016, le Brexit a déjà été repoussé deux fois. L’échéance est désormais fixée au 31 octobre et le Premier ministre conservateur Boris Johnson veut coûte que coûte sortir de l’UE à cette date, malgré une loi qui lui impose de demander un nouveau report s’il ne parvient pas à conclure un accord dans le mois qui vient.

D’abord le pouvoir puis la négociation pour Corbyn

Chez les travaillistes, des poids lourds pressent Jeremy Corbyn de prendre position pour rester dans l’Union européenne, à l’instar de Tom Watson, numéro deux du parti. Il appelle le Labour à soutenir "sans ambiguïté" le maintien dans l’UE lors d’un référendum qu’il souhaite voir se tenir avant même des élections législatives anticipées.

Signe de l’ampleur de la crise qui secoue le parti, Tom Watson a échappé de peu à une tentative de suppression de son poste de chef adjoint, initiative dont Jeremy Corbyn, chef du Labour depuis 2015, n’avait pas connaissance. "Elle n’a pas eu lieu, je suis intervenu", a déclaré dimanche Jeremy Corbyn sur la BBC.

Le leader travailliste de 70 ans souhaite d’abord arriver au pouvoir, puis négocier un accord avec Bruxelles et organiser un nouveau référendum. Mieux vaut-il rester dans l’UE ou la quitter ? "Ça dépend de l’accord que vous avez avec l’Union européenne à l’extérieur", a déclaré dimanche Jeremy Corbyn dans une interview à la BBC.

Pour définir la ligne du parti sur la question, il souhaite que se tienne une "consultation", un congrès spécial.

Le congrès doit voter lundi en fin de journée sur la question.

Extrait d'une interview à Jérémy Corbyn, ce 18 septembre

Traduction Jeremy Corbyn : " Je pense que l'important est de faire passer l'offre avant les gens et ils feront le choix. Je vais la présenter. Je présenterai de manière crédible les options et je dirai : "c'est l'option ; vous pouvez rester, peut-être avec quelques réformes de l'Union européenne ou vous pouvez partir, mais vous partirez à ces conditions, ce qui protégerait les emplois, le niveau de vie et notre commerce". "Les gens ont voté pour partir l'ont fait pour de nombreuses raisons, j'en suis sûr. Souvent, dans les collectivités qui n'ont pas bénéficié d'investissements, qui n'ont pas vu le développement des services publics et qui ont connu une croissance de l'emploi à temps partiel ou de l'insécurité de l'emploi. Prenez le sud-ouest, par exemple, l'extrême sud-ouest a voté "leave". C'est la région où l'emploi est le plus élevé au pays et où les salaires sont les plus bas. Ils étaient en colère et ils sont restés en colère, comme dans de nombreuses autres régions. Je pense donc qu'il nous faut aussi que cela nous permette de nous attaquer aux inégalités qui existent partout dans le pays. Notre gouvernement travailliste investira dans tous ces domaines".
- " Je demande à ma conférence de parti ce week-end et la semaine prochaine à Brighton et à tous mes collègues de réaliser l'importance de donner aux gens un choix. Nous sommes le seul parti qui offre un choix aux gens. Les Libéraux-démocrates ont décidé de ne plus soutenir l'idée d'un référendum. Ils vont simplement révoquer l'article 50 même s'ils ont soutenu un référendum en premier lieu. Les conservateurs sont déterminés à nous faire tomber d'une falaise. Nous sommes le seul parti qui offre cette option crédible. J'ai partagé ces points de vue avec tous mes collègues du parti et je suis très confiant qu'ils m'accompagneront dans ce périple pour s'assurer que les gens de ce pays prennent la décision finale."
- " Je ne peux jamais rester neutre lorsque les emplois, le niveau de vie et le commerce sont en jeu. Et je ne le resterai pas. Mais je veillerai à ce que les gens de ce pays aient ce choix et qu'ils prennent la décision finale. Un gouvernement qui promet d'exaucer les voeux de la population est certainement quelque chose dont notre contrée a besoin."
- "A la fin de son livre, il (Harold Wilson) a déclaré que la position du gouvernement est de recommander que les gens restent dans l'UE après les renégociations qu'il avait entreprises. Je dis que le choix final appartient au peuple britannique et que nous l'exécuterons."
- "En tant que premier ministre, mon travail est de rassembler ce pays et son peuple. Nous l'avions déjà fait avant le référendum lui-même. Nous avons eu les divisions les plus épouvantables. Nous avons assisté à la montée d'un grand nombre de comportements très désagréables de la part des gens dans la rue. Nous avons vu des propos épouvantables, même de la part de notre propre premier ministre, à ce sujet. Je rassemble les gens et je leur dis que nous pouvons faire les choses mieux et différemment. Donner aux citoyens le dernier mot et le choix final entre une option crédible de maintien et une option crédible d'autorisation, qui maintienne les relations commerciales et les droits avec l'Europe".

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