Brexit: le cas des deux Irlande au cœur du sixième round des négociations

North irland, Mourne mountains
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Britanniques et Européens se revoient ce jeudi et vendredi à Bruxelles pour négocier le Brexit. Au coeur de la sixième séance de négociations, on retrouvent les trois grands dossiers prioritaires : le règlement financier du Brexit, le droit des expatriés et la question particulièrement épineuse du sort des deux Irlande. 

Quand le Royaume-Uni quittera l’Union européenne en 2019, l’Irlande du nord devra suivre le mouvement en tant que province britannique. La République d’Irlande, au sud de l'île, elle, restera dans l’Union. Une frontière devrait donc couper l’île irlandaise en deux. 

Pourquoi cette séparation pose-t-elle problème ?

Les raisons sont multiples. Le fait d'évoquer une frontière entre les deux Irlande fait rejaillir de très mauvais souvenirs sur place. Elle replonge l’Irlande du nord dans la guerre civile qui a opposé pendant trente ans les nationalistes catholiques, favorables à une réunification des deux Irlande, aux unionistes protestants qui voulaient rester sous la couronne britannique. Pendant ces trente ans de conflit, des barbelés et des check-points coupaient l’île en deux. Rétablir une frontière risque de fragiliser les accords de paix signés fin des années 1990.

A côté de ces raisons historiques et politiques, il y a également des raisons économiques. Actuellement, trente mille personnes circulent quotidiennement entre les deux Irlande. Les échanges commerciaux entre nord et sud s'élèvent à près de 40 millions d'euros par an. Avec le Brexit, le Royaume-Uni et l’Irlande du nord devront sortir du marché unique et de l’union douanière.  La libre-circulation des personnes et des biens ne sera alors plus d'application. 

Quelles alternatives ?

Deux pistes sont généralement évoquées. La première consiste à maintenir la libre-circulation terrestre et d’établir des contrôles à l’entrée, entre l’île d’Irlande et le Royaume-Uni. Mais, cette solution est rejetée par la République d’Irlande. Elle remettrait en cause un accord datant de 1923 qui établit la libre-circulation entre les deux îles.

En ce qui concerne, la deuxième option, une éventuelle réunification, ce sont les unionistes protestants qui s’y opposent. Il est hors de question pour eux de couper les ponts avec le Royaume-Uni. Et, la première ministre britannique Theresa May est obligée de tenir compte de leur avis. En juin dernier, Theresa May a conclu un accord avec le DUP, le parti unioniste nord-irlandais, afin de se maintenir au pouvoir. 

Pas question de revenir aux frontières du passé

Les négociateurs européens appellent leurs partenaires britanniques à présenter des solutions souples, imaginatives et spécifiques au cas irlandais. En face, Theresa May et ses équipes donnent l'impression de jouer la montre et de lier le sort des deux Irlande aux discussions sur les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

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