Brexit: Et si cette fois les Européens disaient STOP?

La saga du Brexit n'est donc pas terminée, après l'amendement voté ce weekend au Parlement britannique qui n'a pas donné son feu vert à l'accord intervenu sur le Brexit. Alors, est-on reparti pour un tour? Est-on allé trop loin? Et si les Européens disaient stop? C'est Ce Qui Fait Débat (CQFD) ce lundi sur Soir Première et pour en parler, deux invités: Marianne Dony, professeure de droit européen à l'ULB et Simon Taylor, journaliste britannique basé à Bruxelles. 

Théoriquement possible, mais très difficile

Le Parlement britannique l'a fait savoir cet après-midi: il veut examiner les textes d'application de l'accord de Brexit, avant d'éventuellement lui donner son feu vert. "Théoriquement, c'est encore possible, pour Simon Taylor, "mais je crois qu'il y a quand même une résistance politique à clôturer ce travail d'ici la date butoir du 31 octobre. Il sera très difficile pour Boris Johnson de tout faire passer avant la fin du mois".

Et de prédire: des députés vont utiliser ce processus pour bloquer le Brexit ou apporter des amendements à l'accord, tels qu'il sera complètement dénaturé. "C'est un accord international et normalement, les députés n'ont pas le droit de le renégocier", explique le journaliste britannique pour qui un nouveau report du Brexit est inéluctable. 

Insécurité juridique

"Au-delà de l'agacement, il y a une crainte que la situation ne perturbe le fonctionnement des institutions", poursuit Marianne Dony, "la Commission Juncker continue jusqu'au 1er décembre mais on risquerait de se retrouver dans une situation inédite et problématique sur le plan juridique, si l'on devait avoir une nouvelle Commission qui ne comprendrait que 27 Etats Membres et qui ne serait pas composée régulièrement".

Brexiternity

Pour Marianne Dony, les Européens pourraient conditionner un nouveau report du Brexit à l'organisation d'élections. "Mais il faut bien se rendre compte que c'est extrêmement délicat, explique-t-elle, car on risquerait de les accuser de se mêler des affaires intérieures des Britanniques. Si l'Union Européenne soutient des élections, comme on sait dans les sondages que Boris Johnson a beaucoup de chances de les gagner, on va dire qu'elle fait le jeu de Boris Johnson. Et sans élections, l'UE sait bien que la situation risque d'être bloquée à l'infini (...) On utilise une expression pour ça: le "Brexiternity"".

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face à face sur une question d'actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h en télé sur La Trois.

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