Brexit: les députés britanniques ont décidé de reporter leur décision

Les députés britanniques ont décidé samedi de reporter leur décision sur l'accord de Brexit conclu entre Londres et Bruxelles, ce qui contraindra le Premier ministre Boris Johnson à demander aux Européens un nouveau report du divorce.

L'amendement en ce sens, déposé par le député Oliver Letwin, a été approuvé à 322 voix pour et 306 voix contre. 

Soutenu par l'opposition et des députés rebelles exclus du Parti conservateur, cet amendement suspend tout feu vert du Parlement en attendant l'adoption de la loi d'application de l'accord.


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Ce vote déclenche de facto la loi existante qui oblige Boris Johnson à demander aux Européens un report du Brexit en cas de "no deal"... sans pour autant enterrer l'accord obtenu de haute lutte avec les 27.

Pour ses auteurs, deux objectifs. D'une part, éviter un "no deal" au cas où les députés n'auraient pas le temps de traduire l'accord dans la loi d'ici au 31 octobre. D'autre part, éviter un coup bas des partisans d'un Brexit dur, qui pourraient être tentés d'approuver l'accord samedi, avant de saboter la loi d'application. 

"Le but (...) est de garder en place la police d'assurance (...) qui nous empêche de sortir automatiquement de l'UE le 31 octobre", a expliqué le promoteur de l'amendement, l'ex-tory Oliver Letwin.

Boris Johnson ne veut pas de report

Mais Boris Johnson, à la tête d'un gouvernement minoritaire, exclut catégoriquement tout report du Brexit, initialement prévu le 29 mars et déjà repoussé deux fois. Ce serait "inutile, coûteux et profondément destructeur pour la confiance du public", a-t-il mis en garde. Un nouveau délai requiert l'aval unanime des 27 pays de l'UE.

"Je ne négocierai pas de report avec l'Union européenne et la loi ne peut pas m'y contraindre", a déclaré le chef du gouvernement britannique. "Je vais dire à mes amis et mes collègues de l'UE exactement ce que j'ai dit à tous au cours des 88 derniers jours, depuis que je sers en tant que Premier ministre : que tout report serait mauvais pour ce pays, mauvais pour l'Union européenne et mauvais pour la démocratie."

Le dirigeant conservateur a ensuite assuré que les lois d'application de l'accord seraient introduites dès la semaine prochaine.


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La perspective d'un "no deal" est redoutée des milieux économiques, car il pourrait entraîner selon les prévisions du gouvernement lui-même des pénuries de denrées alimentaires, d'essence ou encore de médicaments.

La Commission attend des informations

De son côté, la Commission européenne a annoncé avoir "pris acte"du vote des députés britanniques et intimé au gouvernement de Boris Johnson de lui donner la marche à suivre "dès que possible".

"C'est au gouvernement britannique de nous informer sur les prochaines étapes dès que possible", a réagi dans un tweet Mina Andreeva, porte-parole de l'exécutif européen, peu après le revers essuyé par le Premier ministre britannique devant son Parlement.
 

 

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