Brésil: une activiste indigène accusée de "diffamer" Jair Bolsonaro

Brésil: une activiste indigène accusée de "diffamer" Jair Bolsonaro
Brésil: une activiste indigène accusée de "diffamer" Jair Bolsonaro - © THOMAS SAMSON - AFP

Sonia Guajajara, qui dirige une des plus importantes associations de défense des indigènes au Brésil, a été convoquée pour un interrogatoire par la police après avoir été accusée de "diffamer" le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

La persécution de ce gouvernement est absurde

"J'ai été convoquée par la police fédérale dans le cadre d'une enquête sur la série Maraca. La persécution de ce gouvernement est inacceptable et absurde. Ils ne nous feront pas taire", a écrit vendredi sur Twitter la coordinatrice de l'Association des peuples indigènes du Brésil (APIB).

Sonia Guajajara, 47 ans, était candidate à la vice-présidence du Brésil en 2018, sur le ticket de Guilherme Boulos, du parti de gauche Socialisme et liberté (PSOL).

L'enquête de la police, portant sur une série documentaire intitulée "Maraca", a été ouverte à la suite d'une plainte de la Fondation de l'Indien (Funai), organisme gouvernemental censé assurer la protection des peuples indigènes qui a dénoncé une "campagne de calomnie et de diffamation".


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La série, disponible en ligne sur le site de l'APIB, critique la politique du gouvernement Bolsonaro envers les indigènes. Elle s'inscrit dans le cadre d'une campagne de soutien aux autochtones à laquelle ont adhéré 200 personnalités, comme les chanteurs Caetano Veloso et Chico Buarque, ou le photographe Sebastiao Salgado.

Dans la plainte, dont le contenu a été publié par le site d'informations G1, le président de la Funai, Marcelo Augusto Xavier da Silva, a affirmé que la série avait "diffusé des informations déformées et tendancieuses, accusant le gouvernement d'avoir abandonné les indigènes" durant la pandémie de coronavirus.

Dans un communiqué envoyé à l'AFP, la Funai assure que "l'investigation de délits présumés" est dans l'intérêt "de tous les citoyens brésiliens, indigènes ou non, soumis à la loi".

"Génocide" des autochtones 

L'APIB y voit au contraire une "tentative de criminaliser le mouvement indigène" et accuse le gouvernement d'avoir perpétré un "génocide" des autochtones durant la pandémie, qui a fait plus de 1.000 morts dans cette communauté, selon un décompte de l'association.

D'autres personnalités ayant critiqué le gouvernement Bolsonaro ont été interrogées par la police ces derniers mois, comme le célèbre youtubeur Felipe Neto, qui a exprimé vendredi sa solidarité envers Sonia Guajajara.

"Cette affaire est si scandaleuse, si absurde qu'on voit clairement que la police fédérale est utilisée comme un organe de persécution politique", a-t-il tweeté.

 

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