Brésil: Temer veut la récusation du procureur qui l'accuse

"Les motivations (de Rodrigo Janot) sont personnelles. Nous sommes en présence d'une persécution obsessionnelle", ont déclaré les avocats du chef de l'État
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"Les motivations (de Rodrigo Janot) sont personnelles. Nous sommes en présence d'une persécution obsessionnelle", ont déclaré les avocats du chef de l'État - © Nelson ALMEIDA

La défense du président brésilien Michel Temer a réclamé mardi la récusation du procureur-général Rodrigo Janot des affaires concernant le chef de l'État, qu'il a accusé formellement de corruption.

"Les motivations (de Rodrigo Janot) sont personnelles. Nous sommes en présence d'une persécution obsessionnelle", ont déclaré les avocats du chef de l'État dans le recours présenté à la Cour suprême, auquel l'AFP a eu l'accès.

"Il est public et notoire que la conduite du procureur-général outrepasse les limites légales de la Constitution", ajoute le texte.

Michel Temer est parvenu à empêcher l'ouverture d'un procès par la Cour Suprême

Pour le procureur-général, le président Temer s'est "prévalu de sa condition de chef d'État" pour toucher des pots-de-vin de la part du géant de la viande JBS, impliqué dans le vaste scandale de corruption qui touche le Brésil.

Mis en accusation par M. Janot pour corruption passive, Michel Temer est parvenu à empêcher l'ouverture d'un procès par la Cour Suprême en bénéficiant la semaine dernière d'une large majorité au Parlement pour obtenir le classement de l'affaire tant qu'il est président.

Obstruction à la justice et participation à une organisation criminelle

Mais cette victoire ne suffit pas à dégager totalement l'horizon pour le président brésilien.

L'enquête le visant porte aussi sur deux autres chefs d'accusation pour obstruction à la justice et participation à une organisation criminelle, qui pourraient permettre à M. Janot de renouveler sa demande d'inculpation.

Le procureur-général quitte son poste à la mi-septembre et dispose encore de quelques semaines pour formuler une autre mise en accusation du chef de l'Etat. Michel Temer est notamment mis en cause par un enregistrement dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d'un député aujourd'hui en prison.

Outre le président, huit ministres et plus d'un tiers des parlementaires sont visés par des enquêtes anticorruption.

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