Brésil, Pérou, Equateur: l'Amérique latine se prépare à un pic de contaminations au coronavirus

Des employés enterrent une personne qui serait décédée de COVID-19 au cimetière de Vila Formosa, dans la banlieue de Sao Paulo, au Brésil, le 31 mars 2020. Depuis, la municipalité a fait creuser 13 000 tombes supplémentaires
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Des employés enterrent une personne qui serait décédée de COVID-19 au cimetière de Vila Formosa, dans la banlieue de Sao Paulo, au Brésil, le 31 mars 2020. Depuis, la municipalité a fait creuser 13 000 tombes supplémentaires - © NELSON ALMEIDA - AFP

L’Amérique latine a dépassé ce mercredi le seuil des 15.000 décès. L’épidémie devrait encore s'intensifier dans les prochains jours selon les experts.

Une transmission du virus très élevée

"Au Brésil, en Équateur, au Pérou, au Chili et au Mexique, nous voyons le nombre de cas doubler en quatre jours voire moins. C’est un indicateur préoccupant qui nous dit que la transmission est encore très élevée dans ces pays", expliquait inquiète la Directrice de l’Organisation panaméricaine de la Santé, Carissa F. Etienne, ce mardi. 

Après le Brésil (7921 décès et 114.715 contaminations), les pays les plus touchés sont le Mexique (2271 et 24.905), le Pérou (1500 et 51.189) et l’Equateur (1569 et 32.000). Certains observateurs estiment que ces chiffres sont largement sous-estimés.


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Brésil :

Le Brésil est le pays d’Amérique latine le plus touché par le virus. Il compte près de 100.000 cas de covid-19 et plus de 7921 décès.

Sujet JT sur les services d'urgence à Manaus (Amazonie)

Mais, alors que le nombre de cas de coronavirus explose dans le pays, le président brésilien, Jair Bolsonaro, a réitéré ce dimanche son discours anticonfinement devant des milliers de manifestants venus le soutenir à Brasilia.

Le président brésilien minimise la gravité de la pandémie

"La destruction des emplois de la part de certains gouverneurs est irresponsable et inadmissible. Nous allons payer le prix fort à l’avenir", a déclaré le chef de l’Etat lors d’une transmission en direct de la manifestation sur Facebook.

Au Brésil, les mesures de confinement sont du ressort des gouverneurs des Etats, qui les imposent localement, de façon de plus ou moins stricte.

La manifestation de dimanche à Brasilia a rassemblé une foule plus nombreuse que lors de ces dernières semaines, avec de nombreuses pancartes contre Rodrigo Maia, le président de la chambre des députés, ou Sergio Moro, ex-ministre de la Justice, qui a démissionné avec fracas la semaine dernière. D’autres réclamaient une "intervention militaire".

Mais, contrairement aux manifestations précédentes, le président d’extrême droite, qui ne portait pas de masque, s’est maintenu à distance de ses partisans, depuis la rampe monumentale de sa résidence officielle du palais de l’Alvorada.

Au lieu de haranguer la foule comme il l’avait fait auparavant, Jair Bolsonaro s’est contenté de faire un bref discours devant une caméra. Il est ensuite descendu de la rampe, aux côtés de sa fille Laura, 9 ans, pour saluer les manifestants, mais ne s’est pas approché à plus de deux mètres.

"Le peuple est avec nous et l’armée est du côté de la loi, de l’ordre, de la liberté et de la démocratie", a-t-il affirmé.

Le Brésil compte plus de 400 morts par jour depuis bientôt une semaine. La plupart des spécialistes considèrent que le pic de la pandémie est loin d’être atteint dans ce pays de 210 millions d’habitants aux dimensions continentales.

Pérou :

Avec 50.000 cas, le Pérou est le second pays le plus touché en Amérique latine. Plus de 1400 personnes ont perdu la vie.

Certaines régions manquent de lits et de respirateurs pour les soins intensifs. Le président Vizcarra, a écarté mardi toute rentrée scolaire ou universitaire. "Il est absolument clair qu’à court et moyen termes les cours ne se feront pas sur place, mais à distance", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse sur internet.

Maria Antonieta Alva : "héroïne" de la lutte contre le Covid-19

 

 

Elle est devenue l’héroïne de tout un pan de la société péruvienne. Maria Antonieta Alva est ministre de l’Economie depuis sept mois et a vu sa cote de popularité explosée ces derniers jours, avec la mise en place de son plan de soutien économique qui serait, selon le Wall Street Journal, "le plus ambitieux d’Amérique du Sud".

Pour faire face à l’impact économique de la pandémie de Covid-19, la jeune ministre âgée de 35 ans a débloqué une enveloppe de 26 milliards de dollars, soit l’équivalent de 12% du PIB national.

"En terme macroéconomique, le Pérou est le pays d’Amérique latine qui fait l’effort économique le plus important", constate Ricardo Hausmann, un économiste d’Harvard interrogé par Bloomberg.

Equateur :

L’Equateur compte lui 32.000 cas confirmés, dont 1500 morts ont été recensés. La pandémie a particulièrement affecté la province côtière de Guayas et son chef-lieu Guayaquil, capitale économique du pays.

Avec plus de 60% de cas, elle est devenue l’épicentre de la crise sanitaire. Une crise qui a provoqué l’effondrement des services sanitaires et funéraires dans la région. Les images de corps abandonnés dans les rues de la capitale économique ont choqué le monde entier.

220 cadavres abandonnés dans un hôpital :

Ces deux derniers mois, la ville de Guayaquil a été débordée par le nombre de cadavres. 237 cadavres ont été retrouvés dans 5 containers surchauffés stationnés dans l’enceinte de l’hôpital de Los Ceibos.

Les corps étaient enveloppés dans des sacs plastiques. Des techniciens de la police criminelle ont été chargés de les identifier. Un travail que les forces de l’ordre réalisent depuis trois semaines dans deux autres hôpitaux de Guayaquil, où des corps ont également été abandonnés.

Le Parquet équatorien a ouvert une enquête pour identifier les responsables de cet abandon de cadavres qui scandalise la société équatorienne.

Dans la région, les autorités ont été réduites à installer des conteneurs pour stocker ces corps face au manque de capacité des morgues dans les hôpitaux.
 

Mexique : pic de l’épidémie prévu de mercredi 6 mai

Le gouvernement mexicain estime que le pic de la pandémie sera atteint ce mercredi 6 mai. Certains hôpitaux de la vallée du Mexique ont déjà atteint leur seuil de capacité à soigner des patients atteints du coronavirus.

Le Mexique a décrété fin mars l’urgence sanitaire nationale pour stopper l’expansion de la maladie Covid-19, suspendant les classes et toutes les activités économiques non essentielles et recommandant également la distanciation sociale. Ces mesures doivent en principe rester en vigueur jusqu’au 30 mai.

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