Brésil : les patients COVID-19 de moins de 40 ans désormais majoritaires en soins intensifs

Ce sont les médecins intensivistes brésiliens qui l'ont révélé dans une étude en cours: les patients de moins de 40 ans hospitalisés dans des unités de soins intensifs sont désormais au nombre de 11.000 pour le pays. Depuis le mois de mars, ils sont même devenus majoritaires dans ces unités (52,2%).

A titre de comparaison, ils n'étaient que 14,6% au début de l'épidémie il y a un an. Le docteur Ederlon Rezende, coordinateur de l'étude, attire l'attention:

Cette population ne contractait auparavant qu'une forme moins grave de la maladie et n'avait pas besoin de soins intensifs. (...) Une telle hausse pour ce groupe d'âge est très significative.

En revanche, les personnes âgées de 80 ans et plus ne représentent plus que 7,8% des hospitalisations en soins intensifs. La plupart d'entre elles sont désormais vaccinées. 

Plusieurs explications avancées par l'étude

Toujours selon la même étude, le nombre de patients jeunes occupant des lits de soins intensifs s'explique par plusieurs facteurs. 

- Les personnes de moins de 40 ans s'exposent plus au virus par le simple fait qu'elles doivent travailler. 

- Ces mêmes personnes ont une perception de la maladie qui entraîne qu'elles se sentent moins vulnérables que leurs aînés. 

- La variante P1 de la maladie, aussi appelée "variant brésilien", serait à la base de cette augmentation du nombre de patients jeunes. Ceux-cis, toujours selon le Dr Rezende, présentent des symptômes plus graves à leur arrivée en soins intensifs

Inquiétude en Europe face au variant brésilien

A l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, les voyageurs en provenance du Brésil sont isolés des autres passagers. Ils doivent se soumettre à un test antigénique afin de déterminer s'ils sont porteurs du fameux variant brésilien. Selon le Professeur Rémi Salomon, président du comité médical de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, le risque et bien réel:

Il y a tout lieu de s'inquiéter, si le variant vient et se propage en Europe, il peut provoquer une quatrième vague qui peut être très meurtrière. Ce risque justifie de prendre des mesures supplémentaires. Nous avons besoin de prendre de véritables mesures de quarantaine. 

La gestion de la pandémie par le Brésil est globalement jugée désastreuse. Comme le rappelle un spécialistes comme le Dr Nathan Clumeck, c'est là où les gestes barrières comme le port du masque ou les mesures de confinement, ne sont pas bien appliquées que le virus circule. Et c'est là aussi où les variants beaucoup plus virulents ont pu apparaitre. C'est le cas dans le nord du Brésil, en Amazonie, à Manaus ou encore en Afrique du sud ou en Angleterre.

 

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