Brésil: Dilma Rousseff va être lâchée par son allié centriste

Au Brésil, l'étau se ressert autour de la présidente Dilma Rousseff. Son allié centriste, le Parti du mouvement démocratique brésilien, va décider s'il la lâche. Et ce départ est presque acté.

Une stratégie pour prendre le pouvoir

 

Le PMDB a actuellement sept ministres au gouvernement et la vice-présidence. Le parti est la première force parlementaire avec 69 députés.

La plus grave conséquence de ce départ pour la présidente est qu’elle a encore moins d’appuis pour voter contre sa destitution au Parlement à la mi-avril. La deuxième conséquence de cette rupture est que la stratégie du PMDB pour assumer au plus vite le pouvoir semble bien fonctionner.

C’est Michel Temer, un vice-président discret, âgé de 75 ans, qui assumerait le pouvoir jusqu'aux élections de 2018 en cas de destitution de Dilma Rousseff. Michel Temer n’a jamais mouillé sa chemise pour défendre la présidente alors qu’il est son vice-président depuis deux mandats et s’est éloigné d’elle à mesure que les problèmes s’accumulaient.

Le PMDB a lancé un programme économique très libéral qui a reçu le soutien des fédérations patronales et de l’opposition, qui appuient tous la destitution. Le parti cherche désormais des appuis pour montrer qu’il est capable de rassembler, à la différence de la présidente

Une pratique de tous les présidents

Tant la présidente que Lula ont donné ces derniers jours des entretiens à la presse international alors que la revue britannique The economist suggérait à Dilma Rousseff de démissionner. La présidente a répété que ces irrégularités dans la gestion des comptes étaient une pratique de tous les présidents brésiliens. Un argument en sa faveur mais devant l’impopularité de la présidente, il pourrait ne pas peser bien lourd.

Reste la pression de la rue que le parti de Dilma Roussef, le Parti des travailleurs, tente de retourner à son avantage. Un appel à manifester symboliquement ce jeudi pour le 52éme anniversaire du coup d’état militaire est appuyé par de nombreux intellectuels et artistes.

Même si beaucoup à gauche n’appuient pas la politique menée par la présidente, ils ne veulent pas mettre en danger les règles démocratiques. Ils protestent contre ce "coup d’état institutionnel" car pour les partisans de la gauche, il faut que la présidente ait commis un crime pour être destituée et ce crime n’existe pas selon eux.

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