Brésil: Dilma Rousseff bien placée pour remporter le 2e tour

L'ancienne chef de gouvernement de Lula, 62 ans, a remporté le premier tour avec 46,9% des voix, devant l'ex-gouverneur de Sao Paulo, José Serra, 68 ans, qui a recueilli 32,6% des suffrages, selon les résultats officiels portant sur 99,8% des votes transmis par le Tribunal électoral supérieur (TSE).

Cet écart confortable - il lui manque à peine plus de trois points pour atteindre la barre des 50% des voix - devrait suffire à lui donner la victoire le 31 octobre pour devenir la première femme à diriger le Brésil.

"Je fais face à ce second tour avec beaucoup de courage et d'énergie car j'aurai l'occasion de mieux détailler mes propositions et mes projets", a dit Dilma Rousseff dimanche soir au siège de son comité de campagne à Brasilia que les sondages donnaient gagante dès le premier tour.

"Nous sommes habitués aux défis. Traditionnellement nous avons un bon résultat au second tour des élections", a ajouté Dilma Rousseff, une ex-guérillera qui a lutté contre la dictature militaire (1964-1985).

Lula, qui quittera le pouvoir le 1er janvier, avait dû lui aussi faire face à un deuxième tour en 2002 et en 2006 pour sa réélection.

Dans la nuit, José Serra a lancé un appel à la mobilisation des électeurs. "J'en appelle aux partis, aux hommes politiques et aux Brésiliens de bonne volonté: nous allons construire un pays meilleur, parce que le Brésil pourrait être bien meilleur qu'il n'est", a-t-il dit.

"En route pour la victoire à la présidence", a-t-il lancé à ses partisans réunis à Sao Paulo.

Mais plus que José Serra, un ancien ministre de la Santé connu pour sa lutte en faveur des médicaments génériques, celle qui apparait comme la vraie surprise du premier tour est la chef de file des Verts et défenseur de l'Amazonie Marina Silva, 52 ans. Avec 19,35% des voix, elle s'est imposée comme une troisième force dans le paysage politique brésilien.

En dépit d'une apparence fragile, séquelle de diverses maladies tropicales, cette ancienne ministre de l'Environnement de Lula est une habituée des combats difficiles. Issue d'une famille pauvre, elle a toute une histoire de luttes, notamment aux côtés du défenseur et martyr de l'Amazonie, Chico Mendes, assassiné en 1988.

"Nous avons défendu une idée victorieuse et le Brésil a entendu notre appel", a dit Marina Silva d'une voie éraillée au siège du Parti Vert à Sao Paulo.

"Ce n'est pas le point final. C'est le début d'un processus qui ouvre une nouvelle politique avec les idées que nous défendons", a-t-elle ajouté.

Les analystes tentaient d'expliquer dimanche soir ce que les sondages n'avaient pas prévu. "Je pense qu'il s'agit d'un vote de protestation d'une partie de l'électorat qui n'était convaincue ni par Dilma (Rousseff) ni par (José) Serra", a expliqué à l'AFP le politologue Carlos Alberto de Melo.

Pour l'analyste André Pereira César, du consultant CAC, les voix de Marina "valent de l'or" et elle "a les cartes en main pour les trois prochaines semaines de campagne".

La chef de file des Verts n'a donné aucune indication sur sa position au second tour mais a laissé entendre que, quel que soit le candidat qu'elle soutiendra, il devra adopter certaines de ses propositions.

Quelque 136 millions de Brésiliens étaient appelés aux urnes pour élire non seulement le président mais aussi les gouverneurs et députés des 27 Etats fédérés, renouveler l'Assemblée nationale et les deux-tiers du Sénat.


AFP

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