Brésil : chars et blindés à Brasilia dans un défilé inédit depuis le retour de la démocratie

Le président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro a assisté mardi à un défilé militaire inédit devant la présidence et le Parlement à Brasilia, dans un climat de crise ouverte avec les institutions judiciaires par ses attaques répétées contre le système électoral.

Flanqué des chefs de l'Armée de Terre, de l'Air et de la Marine et de plusieurs ministres dont celui de la Défense, Jair Bolsonaro a observé le défilé d'un convoi de chars d'assaut et de blindés devant le Palais de Planalto, siège de la présidence.

Officiellement, la cérémonie était destinée à la remise au chef de l'État d'une invitation à un exercice militaire annuel qui a lieu depuis 1988 à 80 km de la capitale. Mais les analystes ont souligné que c'était la première fois qu'un défilé de blindés et autres véhicules militaires devant le siège des trois pouvoirs avait lieu depuis le retour de la démocratie au Brésil en 1985.

Cette initiative a été interprétée comme une tentative de démonstration de force de Bolsonaro, à l'heure où la popularité de l'ancien capitaine de l'Armée est en chute prononcée et où il est l'objet d'enquêtes potentiellement très dommageables, notamment pour "diffusion de fausses informations" autour du système électoral.

Lors du défilé, des dizaines de ses partisans se sont réunis devant la présidence, certains exhibant des pancartes réclamant une intervention militaire pour "sauver le Brésil".

Allégations de fraude électorale

Ce défilé a lieu au moment où la Chambre des députés doit se pencher sur une proposition de révision constitutionnelle qui modifierait le système électoral, dont Bolsonaro assure qu'il a entraîné des fraudes et l'a privé d'une victoire dès le premier tour en 2018. En chute de popularité en raison notamment de sa gestion de la pandémie de coronavirus, Bolsonaro veut se représenter en 2022 mais les sondages lui promettent une cinglante défaite face à son ennemi juré Lula, l'ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Bolsonaro a contre-attaqué ces dernières semaines en multipliant les allégations de fraude électorale avec l'actuel système de vote électronique et s'en est pris aux juges de la Cour suprême et du Tribunal supérieur électoral (TSE), qui ont ouvert des enquêtes à son encontre.

Sans demander la remise en cause du vote électronique en vigueur depuis 1996 au Brésil, il exige l'impression sur papier d'une preuve de vote afin de permettre un recomptage des bulletins en cas de contestation. C'est sur ce thème qu'il a mobilisé des milliers de manifestants ces derniers week-ends dans les rues de grandes villes brésiliennes. Tout en agitant la menace d'actions qui auraient lieu "en dehors de la Constitution".

Sujet du 25 juillet :

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