Brésil : Amnesty International fustige la gestion des incendies par une armée qui " n’a ni l’expertise ni l’expérience nécessaires"

Au Brésil, la forêt amazonienne continue de brûler, et ce n’est pas près de s’arrêter : 63.000 feux ont été recensés au 31 août cette année, selon l’Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE). Amnesty International signale également que la déforestation a augmenté de 34,5% entre août 2019 et juillet 2020, à cause des brûlis agricoles et des incendies qu’ils ont générés, détruisant 9200 km2 de forêt.

Face à ce désastre écologique, la réponse du gouvernement brésilien semble bien faible, remarque l’ONG. "À l’heure où les incendies se propagent une nouvelle fois rapidement en cette saison des feux de forêt, il apparaît très clairement que l’armée brésilienne n’a ni l’expertise ni l’expérience nécessaires pour tenir en échec ceux qui brûlent la forêt et s’approprient illégalement des terres protégées", a déclaré Richard Pearshouse, responsable du programme Environnement et Situations de crise à Amnesty International.

Pire : l’ONG accuse le gouvernement de "délibérément fragiliser la capacité opérationnelle de ses propres organes environnementaux dans le but d’ouvrir l’Amazonie aux entreprises." Car malgré l’interdiction des brûlis, de nombreux agriculteurs continuent de détruire des pans de forêts afin d’en faire des pâturages illégaux pour bovins. Depuis 1988, le nombre de bêtes en Amazonie a presque quadruplé, atteignant 86 millions en 2018, soit 40% du total national, note Amnesty International.


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L’ONG réclame une politique plus efficace pour lutter contre les feux de forêt, qui nuisent notamment à la qualité de l’air. "La seule manière pour le gouvernement de protéger la forêt amazonienne est de montrer clairement son soutien à la protection civile de l’environnement dans cette région, en commençant par rétablir financements et ressources, et en soutenant les organes faisant respecter la législation relative à l’environnement", déclare Richard Pearshouse.

Depuis le début de son mandat, le président brésilien Jair Bolsonaro a dans le viseur les ONG qui lui reprochent sa mauvaise gestion des incendies en Amazonie. Récemment, il a joué la carte de la provocation, comparant les organisations écologistes à un "cancer" qu’il ne parvient pas à "tuer".

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