Boston: l'épouse de Tamerlan Tsanaev coopère, la santé de Djokhar s'améliore

Le superintendant de la police de Boston, William B. Evans, face à la presse - L'épouse de Tamerlan Tsanaev coopère, la santé de Djokhar s'améliore
2 images
Le superintendant de la police de Boston, William B. Evans, face à la presse - L'épouse de Tamerlan Tsanaev coopère, la santé de Djokhar s'améliore - © Mario Tama/Getty Images/AFP

A Boston, l'enquête sur l'auteur présumé du double attentat de Boston continue : Djokhar Tsarnaev souffre de blessures multiples mais son état de santé s'améliore. Les enquêteurs ont en outre reçu la collaboration de l'épouse de Tamerlan, le frère aîné des Tsarnaev, tué lors d'une course poursuite avec la police.

Tamerlan s'était marié il y a trois ans avec une jeune Américaine  de 24 ans,  Katherine Russell. Ils ont une petite fille de trois ans. La jeune femme a déclaré qu’elle était sous le choc en apprenant l'implication des deux hommes dans le double attentat. Elle collabore désormais à l'enquête.

Les policiers cherchent  toujours à comprendre à comprendre  ce qui a conduit les deux frères à se radicaliser, apparemment de manière solitaire. La mosquée de Cambridge fait état de visites irrégulières du frère aîné, et de deux interventions intempestives en plein prêche. Les autres fidèles l'avaient remis à sa place.

En 2012, Tamerlan a fait un long séjour  au Daghestan et en Tchétchénie, pour y voir la famille, selon son père. A son retour, le FBI ne l'a pas épinglé, à cause d'une erreur d'orthographe sur son nom. C'est ce qu'a admis Janet Napolitano, la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure.  Une erreur  banale : il suffit en effet d'introduire un nom mal orthographié dans les banques de données de la police pour manquer un signalement.

L'année précédant son départ pour la Russie, Tamerlan Tsarnaev avait pourtant été interrogé par le FBI à la demande de Moscou, qui s'inquiétait de sa radicalisation, mais avait conclu qu'il ne représentait pas une menace.

L'état de santé de Djokhar Tsarnaev progresse 

La santé de Djokhar Tsarnaev, interpellé dans un état grave vendredi, a quant à elle continué à s'améliorer et son état était jugé mardi "satisfaisant", selon l'hôpital où il est traité.

Djokhar, 19 ans, souffre de blessures "par balles à la tête, au cou, aux jambes et à une main", selon les documents rendus publics lundi à l'occasion de sa mise en accusation pour "utilisation d'une arme de destruction massive", qui lui a été signifiée sur son lit d'hôpital. Il encourt la peine de mort.

Il avait reconnu dès dimanche son implication dans les attentats dont son frère était selon lui le cerveau, et qui étaient motivés par une vision radicale de l'islam, selon le New York Times. Et l'adolescent musulman d'origine tchétchène, citoyen américain depuis l'an dernier, a ajouté qu'ils n'avaient pas de lien avec des groupes terroristes étrangers et n'avait bénéficié d'aucun financement, selon ABC.

Tamerlan "voulait empêcher l'islam d'être attaqué", aurait-il confié aux enquêteurs. Les guerres américaines en Irak et en Afghanistan ont contribué à sa radicalisation, a-t-il aussi expliqué, selon le Boston Globe.

Djokhar "rarement" à la mosquée

"Loups solitaires" dont le mal-être identitaire avait trouvé un terreau dans l'islam radical, les deux frères avaient appris sur internet à fabriquer leurs bombes.

Musulmans vivant depuis 10 ans aux Etats-Unis, ils n'étaient pas extrêmement pratiquants. Tamerlan avait "commencé à participer de manière irrégulière à la prière du vendredi depuis un peu plus d'un an, et assistait de temps en temps à la prière du matin", selon la mosquée de la ville de Cambridge, près de Boston, où habitaient les deux frères.

Djokhar n'y venait que "rarement", selon l'Islamic society of Boston, et toujours avec son grand frère. Celui-ci s'était fait remarquer ces derniers mois en interrompant des prêches qui ne lui convenaient pas.

Mardi, la famille de Martin Richard, 8 ans, la plus jeune victime des attentats, a enterré l'enfant en privé.

Françoise Nice, Julien Vlassenbroek avec agences

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK