Boris Johnson accusé d'attouchement, parfum de scandale au congrès des Tories

Le Premier ministre Boris Johnson à Manchester le 30 septembre 2019, où se déroule le congrès du parti conservateur
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Le Premier ministre Boris Johnson à Manchester le 30 septembre 2019, où se déroule le congrès du parti conservateur - © HENRY NICHOLLS

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, champion du Brexit, est aussi connu pour ses amours tumultueuses, mais la dénonciation d'une journaliste qui l'accuse d'avoir caressé avec insistance sa cuisse éclabousse d'un parfum de scandale le congrès du parti conservateur dont il est la star.

Journaliste bien établie dans la place londonienne, Charlotte Edwardes a raconté que l'incident avait eu lieu lors d'un déjeuner dans les bureaux du magazine conservateur The Spectator, à Londres, peu de temps après que Boris Johnson en soit devenu le rédacteur en chef en 1999.

"Sous la table, je sens la main de Johnson sur ma cuisse. Il la serre. Sa main est en haut de ma jambe et il a assez de chair sous ses doigts pour que je me redresse soudainement", a-t-elle décrit dans un article publié dans le Sunday Times à l'occasion des deux ans du mouvement #MeToo, qui avait libéré la parole de femmes victimes de harcèlement ou d'agressions sexuelles. Une autre jeune femme assise aux côtés de Boris Johnson lors de ce déjeuner arrosé a subi la même chose, selon elle.

"Digne de confiance"

Signe de la gravité des accusations, un porte-parole de Downing Street a farouchement nié, dans une réaction dérogeant à la ligne de ne jamais commenter la vie privée du dirigeant. Le Premier ministre lui-même a démenti lors d'une interview télévisée, refusant de commenter davantage.

Mais le ministre de la Santé Matt Hancock, candidat malheureux contre Boris Johnson pour prendre la tête du Parti conservateur en juillet, a estimé sur Channel 4 que la journaliste était "digne de confiance". Et l'ex-conservatrice Justine Greening, désormais indépendante, a jugé les accusations "profondément inquiétantes".

En 2017, le ministre de la Défense Michael Fallon avait dû démissionner après avoir été accusé d'avoir posé une main sur le genou d'une journaliste lors d'un dîner en 2002, dans le cadre de révélations sur une "culture" de harcèlement sexuel sévissant dans la classe politique britannique.

C'est la deuxième affaire qui ébranle Boris Johnson en quelques jours, après la révélation qu'il risque une enquête pénale en raison de ses liens avec une femme d'affaires américaine avec laquelle il aurait eu une liaison, Jennifer Arcuri, et qui avait bénéficié de fonds publics lorsqu'il était maire de Londres. "Tout a été fait comme il se doit", avait rétorqué M. Johnson dimanche.

"Un féministe"

S'il plie, le dirigeant de 55 ans ne rompt cependant pas. A Manchester (nord-ouest), où les conservateurs sont réunis jusqu'à mercredi, plusieurs femmes ont pris sa défense, comme l'ex-ministre de la Défense Penny Mordaunt pour qui c'est "une personne bien". C'est même "un féministe" pour la députée Rachel Maclean, vu son engagement contre les mutilations génitales féminines.

"Le monde était différent" il y a vingt ans, a défendu Fleur Butler, président de l'association des femmes conservatrices auprès de l'AFP. "Il est toutefois très important que le parti dise que nous n'acceptons plus ce type de comportement".

Selon un récent sondage YouGov, bien moins de femmes (34%) que d'hommes (44%) trouvent Boris Johnson sympathique. Mais le Brexit est surtout ce qui importe pour les électeurs, si c'est l'homme de la situation, explique à l'AFP Chris Curtis, directeur de la recherche politique à YouGov.

Boris Johnson a été marié deux fois et s'est séparé en 2018 de Marina Wheeler, avec laquelle il a eu quatre enfants et partagé 26 ans de vie commune, en raison de son infidélité selon les médias. En 2009, il aurait eu un cinquième enfant d'une liaison extraconjugale. Il est aujourd'hui en couple avec Carrie Symonds, une spécialiste en communication de 24 ans sa cadette.

"Je n'approuve pas mais ce ne sont pas nos affaires, c'est sa vie privée", confie à l'AFP Margaret Dane, une retraitée qui arpente le hall du centre de conférence. "Je vais tout simplement devoir faire abstraction du fait que cela puisse être vrai", poursuit-elle à propos des accusations de harcèlement sexuel, parce que "nous avons besoin de quelqu'un comme Boris" pour mener à bien le Brexit.

Julian Goodrich, un conseiller municipal de 48 ans, y voit, lui, un biais "anti-Boris" des médias.

 

Boris Johnson ne répond pas à la question sur les attouchements dont il aurait été l'auteur:

Traduction: journaliste: "Il a été allégué que vous avez touché la cuisse d'une femme lors d'un déjeuner sans sa permission, n'est-ce pas ?"

Boris Johnson, premier ministre britannique: "Non, et je pense que ce que le public veut entendre, c'est ce que nous faisons pour niveler et unir le pays. Et les annonces que nous faisons aujourd'hui, les annonces que fera Sajid Javid, le chancelier, concernent l'infrastructure, un programme routier fantastique, 25 milliards (de livres, ndlr) d'investissements routiers dans l'A66, la M68, (A)46, dans le pays. Je pense que ce que nous faisons avec les autobus est peut-être encore plus révolutionnaire. Lorsque je dirigeais Londres, nous avons massivement augmenté le nombre d'usagers dans les autobus en améliorant le service et en ayant le paiement automatique sans contact, les cartes Oyster. Tous les bus du pays seront sans contact. Nous travaillons avec les conseils municipaux pour qu'ils améliorent les routes et en créent de nouvelles et nous aurons des autobus électriques à faible émission de carbone partout où nous le pourrons. Un super système d'autobus, mais aussi certaines villes ne seront plus que des autobus à zéro carbone. Et je sais que les bus, si vous parlez à un Transport for London, les bus transforment la vie des gens. Vous avez un bon itinéraire d'autobus qui vous donne accès à l'emploi d'une manière qu'aucun autre mode de transport ne peut avoir, de sorte que les autobus sont essentiels. Troisièmement, la dernière chose, c'est le haut débit (gigabit) à large bande. La connectivité ne suffit pas dans ce pays. C'est une honte absolue que le haut débit gigabit soit désormais disponible en Espagne, par exemple, pour la majorité de la population. Nous n'avons qu'environ 7 % du Royaume-Uni complètement branché, branché, quel que soit le mot que je veux, nous allons le faire d'ici 2025."

Suite de l'interview:

Traduction journaliste: "J'ai bien peur de devoir vous ramener à cette allégation. Vous insinuez que vous dites que ce n'est pas arrivé, qu'elle l'a inventé ?"

Boris Johnson, premier ministre britannique: "Je dis simplement ce que j'ai dit et je pense que ce que le public veut entendre, c'est ce que nous faisons pour lui, pour le pays et pour l'investissement dans les moyens d'unir le pays.

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