"Borexit": les médias écossais réclament le départ de Boris Johnson

Des manifestants s'étaient rassemblés devant la Cour Suprême pour attendre le verdict. "Boris Johnson coupable" lit-on sur cette pancarte.
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Des manifestants s'étaient rassemblés devant la Cour Suprême pour attendre le verdict. "Boris Johnson coupable" lit-on sur cette pancarte. - © Tous droits réservés

Au Royaume-Uni, une véritable tempête médiatique s’abat à l’encontre de Boris Johnson. Après la décision de la cour suprême britannique de considérer la suspension du parlement qu’il avait initiée comme “illégale”, beaucoup de britanniques se demandent si les jours de Boris Johnson en tant que Premier ministre ne sont pas comptés.  

En Ecosse, le dossier du Brexit et le Premier ministre sont particulièrement impopulaires.  

Pour rappel, lors du référendum sur le Brexit en 2016, les Écossais avaient voté en majorité pour le “Remain” (“rester dans l’Union Européenne”). 
 

Les Écossais se sentent isolés

Depuis, beaucoup ont l’impression que leur vote n’a pas été pris en compte par les politiciens de Londres et ne comprennent pas pourquoi ils devraient suivre à marche forcée la décision des Anglais. Ce débat avait également relancé la volonté des Ecossais à organiser un nouveau référendum pour l’indépendance de l’Ecosse.  

Les journaux écossais, ont tous un avis sur la question et n’hésitent pas à l’étaler en première page. 

La culture médiatique au Royaume-Uni est totalement différente de la nôtre et les journaux sont réputés pour leurs attaques virulentes et leurs titres aux jeux de mots accrocheurs. 

"Vous avez enfreint la loi, vous avez menti au pays."

Le quotidien Daily Record affiche en gros caractère un mot, un seul : “Borexit”. Contraction du prénom du premier ministre, Boris, et du mot “Exit” (sortie). Le message est clair : Boris Johnson doit démissionner.  

Le mot “Borexit” avait déjà été utilisé en 2016, lorsque Boris Johnson, pressenti pour devenir Premier ministre suite au référendum sur le Brexit, avait annoncé qu’il se retirait de la course, laissant la place à Theresa May. 

On peut lire en première page : “Vous avez enfreint la loi, vous avez menti au pays et à la Reine. Tenez votre promesse et démissionnez”.  

Et si le journal insiste sur le fait que Boris Johnson aurait menti à la Reine, c’est parce qu’une suspension du Parlement ne peut se faire sans l’accord du souverain.  

En cas de suspension du Parlement, le Premier ministre s’entretient avec la Reine, lui conseille la suspension et c’est à elle que revient le rôle de trancher.  Habituellement, une suspension du parlement dure environ cinq jours, le temps pour le gouvernement de faire le bilan sur les projets menés et ceux à mettre en place. La suspension devait s’étaler du 9 septembre, au 14 octobre, une durée record dans l’histoire du Royaume-Uni.  

Selon les opposants de Boris Johnson, celui-ci l’aurait conseillée pour empêcher le Parlement de s’opposer à ses projets en matière de Brexit.  

Boris Johnson avait déclaré que le Brexit aurait lieu à la date du 31 octobre avec ou sans accord, une affirmation qui rendait plus frileux les parlementaires britanniques, inquiets de l’impact d’un Brexit “sauvage”.  

 

 

 "Boris voyou"

Le Scottish Sun n’a pas hésité à titrer “Bo Rogue”: “Boris Voyou” !  

Pour le Times, édition écossaise, le retour en urgence de Boris Johnson au Royaume-Uni alors qu’il participait au sommet de l’ONU à New-York est un “retour vers le chaos”.  

Donald Trump et Boris Johnson, même galère? 

D’autres jouent la carte de la comparaison. Le Daily Telegraph met en Une Boris Johnson et Donald Trump, cherchant sans doute à comparer leurs situations respectives. Le Président américain doit faire face à une procédure de destitution enclenchée par les Démocrates tandis que Boris Johnson vient d’être désavoué par l’une des plus hautes instances juridiques de son pays.  

Une première page très imagée 

The National, est sans doute le journal qui s’est fendu de la couverture la plus imagée.  

On y aperçoit Joanna Cherry, membre du Parti National écossais, à l’origine de la procédure juridique contre la suspension du Parlement. Elle est désignée comme un “héros” par le quotidien.  

Le National a choisi une image du Premier ministre datant de 2012 alors qu’il était encore maire de Londres.  Souhaitant orchestrer un coup médiatique avant le lancement des jeux olympique de 2012 qui avaient lieu à Londres, il était descendu le long d’une tyrolienne partant du toit du stade Olympique.  Ce moment est resté particulièrement célèbre puisque l’aventure ne s’est pas terminée comme prévu. Boris Johnson s’était retrouvé coincé à mi-parcours.  

Enfin, on aperçoit en haut à gauche, une main et un avant-bras pourvu d’une broche en forme d’araignée. C’est une référence à la broche portée par la juge Hale de la Cour Suprême lorsqu'elle a annoncé le jugement.  

Malgré l’impopularité du Premier ministre en Ecosse, certains journaux lui sont favorables. 

C’est le cas du Scottish Daily Express qui titre : “Illégal ? Et qu’y a-t-il de légal à nier le vote de 17,4 millions de citoyens en faveur du Brexit ? 

 

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