Bolivie : le Sénat approuve l'organisation d'élections présidentielle et législatives

Les sénateurs boliviens observent une minute de silence à l'ouverture d eleurs travaux le 23 novembre 2019 à La Paz
2 images
Les sénateurs boliviens observent une minute de silence à l'ouverture d eleurs travaux le 23 novembre 2019 à La Paz - © JORGE BERNAL

Les sénateurs boliviens ont approuvé samedi soir un projet de loi organisant de nouvelles élections présidentielle et législatives censées mettre un terme à l'instabilité qui secoue le pays depuis la présidentielle du 20 octobre qu'Evo Morales avait affirmé avoir remportée, avant de démissionner.

Le texte interdit à l'ancien président, en exil au Mexique, de se présenter à ces élections. Après le vote du Sénat, retransmis en direct à la télévision, le projet de loi doit encore être adopté par la Chambre basse du Parlement bolivien, puis promulgué par la présidente par intérim Jeanine Añez. Le projet de loi avait été approuvé dans la nuit en commission.

Entre autres mesures, le texte prévoit l'annulation de la présidentielle du 20 octobre. Dans le même temps, il interdit à toute personne ayant exercé deux mandats électifs de suite de se présenter à un troisième. Le Parlement doit également désigner un nouveau Tribunal suprême électoral (TSE), qui compte sept membres. L'organisation de nouvelles élections, après des semaines de violences, faisait partie des promesses de Jeanine Añez quand elle avait pris les rênes du pays le 12 novembre après le départ d'Evo Morales.

Le pays vit sa pire crise en près de vingt ans, avec au moins une trentaine de morts dans les affrontements qui ont suivi la victoire revendiquée par ce dernier. Le gouvernement veut ouvrir un "dialogue" avec les protestataire partisans de Morales, qui rejettent Jeanine Añez et bloquent depuis plusieurs jours les routes qui relient La Paz aux régions agricoles du centre de la Bolivie. Le gouvernement provisoire de Jeanine Añez accuse Evo Morales d'attiser le conflit depuis le Mexique.

Un pays divisé

Le pays andin est fortement polarisé entre partisans d’Evo Morales, au nombre desquels de nombreux Amérindiens, et ses contempteurs, des citadins des classes sociales supérieures et des plaines orientales du pays. Acculé, lâché par l’armée, Evo Morales, premier président indigène du pays, a démissionné le 10 novembre et est parti en exil au Mexique après quasiment 14 années à la tête du pays andin. Lui et ses partisans estiment qu’il a été victime d’un "coup d’Etat".

De son côté, le gouvernement provisoire de Jeanine Añez accuse Evo Morales d’attiser le conflit depuis le Mexique. Le ministre de l’Intérieur Arturo Murillo a annoncé vendredi avoir déposé plainte contre lui pour "sédition et terrorisme", affirmant qu’il a appelé ses partisans à "encercler" les villes pour accentuer les blocages.

Evo Morales, qui qualifie le gouvernement provisoire de "dictature", a rejeté ces accusations sur Twitter, évoquant de "fausses preuves".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK