Bolivie : élection présidentielle en vue, Evo Morales demande l'asile au Mexique

Une femme marchant un graffiti : "Evo sans le peuple" à La Paz
Une femme marchant un graffiti : "Evo sans le peuple" à La Paz - © RONALDO SCHEMIDT - AFP

La deuxième vice-présidente du Sénat bolivien, l’opposante Jeanine Añez, appelée en vertu de la Constitution à succéder au poste de chef de l’Etat à Evo Morales après sa démission, a annoncé lundi la prochaine convocation d’une élection présidentielle afin que "le 22 janvier nous ayons un président élu".

"Nous allons convoquer des élections avec des personnalités qualifiées qui vont conduire le processus électoral afin de refléter ce que veulent tous les Boliviens", a-t-elle déclaré à son arrivée au Parlement. Les successeurs prévus par la Constitution en cas de départ du président ont en effet tous démissionné avec lui : le vice-président Alvaro Garcia, la présidente et le vice-président du Sénat et le président de la Chambre des députés.

L'incertitude

Pillages, affrontements, barricades : la Bolivie a plongé dans le chaos lundi dans les heures qui ont suivi la démission du président socialiste Evo Morales. Arrivé au pouvoir en 2006, le premier président indigène de l'histoire bolivienne a annoncé son départ dimanche, qu'il a confirmé lundi dans une lettre à l'assemblée législative, après avoir été abandonné par l'armée sur fond de violences à la suite
de l'annonce controversée de sa réélection le 20 octobre.

Sa démission, ainsi que celle de son vice-président, crée une vacance du pouvoir dans l'attente des résultats d'un nouveau scrutin encore hypothétique. "J'ai peur de ce qui va se passer. La ville est sens dessus dessous. Il y a des bagarres entre voisins", a déclaré une
secrétaire de La Paz, Patricia Paredes, âgée de 25 ans. Des bandes ont sillonné La Paz et d'autres villes durant la nuit. Des entreprises ont été attaquées, pro et anti-Morales se sont affrontés et des bâtiments ont été incendiés. La plupart des écoles et commerces sont restés fermés, les transports publics étaient à l'arrêt et les routes bloquées.

Défendu par les uns, dénoncé par les autres

Evo Morales, qui est âgé de 60 ans, a quitté la Paz. Il a demandé l'asile au Mexique, qui a accepté, a annoncé lundi soir le ministre mexicain des affaires étrangères. Le président démissionnaire a expliqué qu'il avait choisi de démissionner pour contribuer à restaurer la paix. Mais il a réaffirmé lundi qu'il était la victime d'un complot ourdi par ses adversaires politiques, citant Carlos Mesa, son rival à la présidentielle, et Luis Fernando Camacho, un chef de file de la contestation. Plusieurs alliés du dirigeant socialiste dans la région, parmi lesquels le président élu argentin Alberto Fernandez, ont eux aussi dénoncé un coup d'Etat. Le Mexique lui a proposé l'asile, et la Russie lui a apporté son soutien, accusant l'opposition de violences.

En revanche, au Venezuela, des opposants du président Nicolas Maduro ont célébré la démission de Morales, qualifié de "dictateur",
espérant que Maduro serait le prochain sur la liste. De son côté, Donald Trump a estimé que la démission de Morales constituait un "moment important pour la démocratie" et adressait un "signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua".

Journal télévisé 10/11/2019

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