Boeing ukrainien abattu à Téhéran : l'Iran blanchit ses forces armées

Les 176 personnes à bord du vol PS-752 Téhéran-Kiev de la compagnie aérienne Ukraine International Airlines (UIA) ont péri dans ce drame.
Les 176 personnes à bord du vol PS-752 Téhéran-Kiev de la compagnie aérienne Ukraine International Airlines (UIA) ont péri dans ce drame. - © SERGEI SUPINSKY - AFP

Téhéran a publié mercredi son rapport final sur la catastrophe du Boeing ukrainien abattu le 8 janvier 2020, qui blanchit la chaîne de commandement militaire et a été immédiatement rejeté par Kiev comme "une tentative cynique de cacher les vraies causes" du drame.

Les 176 personnes à bord du vol PS-752 Téhéran-Kiev de la compagnie aérienne Ukraine International Airlines (UIA) - en majorité des Iraniens et des Canadiens, pour beaucoup binationaux - ont péri dans ce drame pour lequel le Canada et l'Ukraine ne cessent de demander des comptes à Téhéran.

A l'issue d'un rapport en anglais de plus de 145 pages, l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO) consacre deux paragraphes aux "causes de l'accident et (aux) facteurs y ayant contribué". Le premier indique ce qui est déjà connu, à savoir que deux missiles tirés "par la défense aérienne" ont provoqué "l'écrasement de l'avion et son explosion immédiate au sol".

A cause d'une erreur non prévue

"Les mesures de prévention et les autres strates de protection dans le système de gestion des risques se sont avérées inefficaces à cause d'une erreur non prévue dans l'identification des menaces et au bout du compte elles ne sont pas parvenues à assurer la sécurité du vol contre les menaces causées par l'état d'alerte des forces de défense", indique le second paragraphe, sur "les autres facteurs" déterminants.

Cette nuit-là, les défenses aériennes de l'Iran étaient en état d'alerte maximale par crainte d'une attaque américaine. L'Iran venait d'attaquer une base utilisée par l'armée américaine en Irak en riposte à l'élimination cinq jours plus tôt, dans une frappe américaine à Bagdad, du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l'Iran, et s'attendait à une réplique de Washington.

En juillet 2020, dans un rapport d'étape, la CAO avait jugé que "l'élément clef" à l'origine du drame du Boeing ukrainien était une "erreur humaine", le mauvais réglage d'un radar militaire, ayant été suivi d'autres dysfonctionnements.

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