Boeing : le 777X réussit son premier vol d'essai

La violence des vents, ces derniers jours, en périphérie de Seattle, l’avait contraint à rester cloué au sol. La troisième tentative aura été la bonne. Le 777X de Boeing a pris son envol. A son bord, deux pilotes. Pas l’ombre d’un passager. Normal pour un vol inaugural, qui aura tout de même duré 4 heures dans le ciel de l’Etat de Washington. Une sorte de test grandeur nature. Le premier d’une longue série, dont l’ensemble devra mener à la certification de l’appareil. Cela prendra du temps. La période des vols d’essai devrait être rallongée et la procédure d’homologation approfondie. Bref, pas de livraison avant le début de l’an prochain. Initialement, le constructeur avait promis d’honorer les premières commandes mi-2020.

Le futur plus gros biréacteur au monde aura au moins le mérite de susciter la curiosité. Sept grandes compagnies aériennes ont passé commande. Citons Emirates, Lufthansa ou encore Qatar Airways. En tout, ce sont 340 unités qui sont inscrites sur le carnet de commandes.

Le plus grand bi-moteur au monde

Deux personnes aujourd’hui à bord. Jusqu’à 426 demain, selon les versions de l’appareil. Le 777X peut effectivement s’enorgueillir d’être le plus grand avion au monde doté de seulement deux moteurs. Autres particularités ? Il se voudrait extrêmement économe en carburant, il émettrait donc nettement moins d’émissions en vol. Outre l’argument écologique, il est aussi synonyme d’économies tous azimuts pour les compagnies aériennes. Le nouvel appareil s’inspirerait en fait du 787, l’avion nouvelle génération, avec des matériaux plus légers, qui date de 2013.

Son prix ? Il coûte entre 410 et 442 millions de dollars au prix catalogue, ce qui n’est que très indicatif et souvent très exagéré par rapport au prix réel payé par les clients.

Une bonne nouvelle dans la crise ?

Reste que l’annonce même de ce vol inaugural met du baume au cœur du constructeur aéronautique qui en avait bien besoin. Boeing est englué dans une crise sans précédent depuis l’accident rapproché de deux de ses 737 MAX en octobre 2018 et mars 2019. Les enquêtes en cours sur les causes de l’accident ont mis en cause un logiciel qui devait empêcher l’avion de "décrocher", c’est-à-dire de tomber, dans certaines configurations de vol. Mais au-delà de ce système, c’est aussi toute une culture de négligence et de relations dangereusement étroites avec le régulateur américain qui a été dévoilée par les centaines de documents remis par le constructeur aux enquêteurs.

Outre cette crise de confiance, l’affaire du MAX a un coût exorbitant. La facture s’élève à plus de 9 milliards de dollars mais les analystes s’attendent à ce qu’elle s’alourdisse. Depuis l’immobilisation de ces avions, le manque à gagner est d’environ un milliard de dollars par mois.

 

 

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