'Black Music Matters' : tout autour des Etats-Unis, les manifestations se font aussi en musique

La musique adoucit-elle les mœurs ? En tout cas, aux Etats-Unis, elle encourage les manifestants. Alors que des personnes du pays entier se rassemblent sous la bannière #BlackLivesMatter, pour dénoncer les violences policières et le racisme systémique, les musiciens ont, comme souvent, une part importante dans les cortèges. Et selon les Etats, ce n’est pas le même style qui est représenté. Le magazine spécialisé Pitchfork a en effet remarqué que les manifestations étaient un révélateur, s’il en fallait encore un, de la diversité du patrimoine musical afro-américain. Petit tour d’horizon en images.

A New York, c’est à l’appel du chef d’orchestre Jon Batiste, notamment connu pour diriger le groupe du 'Late Show' de Stephen Colbert à la télévision américaine, que des manifestants se sont rassemblés samedi dernier, pour une manifestation en musique. Pur produit de Louisiane, Jon Batiste était alors accompagné logiquement par des fanfares (marching band) : tubas, trombones, saxophones et caisses claires. Clavier-guitare (keytar) au dos, le chef d’orchestre haranguait au mégaphone la foule qui reprenait des classiques du gospel et de la soul comme 'We Shall Overcome' ou 'Down by the Riverside'. "Black music matters", a-t-il lancé à un journaliste de CNN, rappelant que "la musique permettait de rassembler au-delà des races et des genres pour défendre la vie des Noirs."


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A Norfolk, en Virginie, une fanfare s’est également produite, celle de l’université, pour accompagner un rassemblement de plus de 200 personnes du mouvement Black Lives Matter.

La soul était aussi présente à Washington, patrie de Bill Withers. Lors d’une manifestation mardi dernier, le chanteur Kenny Sways a entonné l’un de ses tubes, 'Lean on Me', repris par la foule en communion. Un hommage à une figure de la musique afro-américaine, décédé le 30 mars dernier à 81 ans.

Côté musiques actuelles, les manifestants ont bien sûr fait la part belle au hip-hop, pilier de la contre-culture noire aux Etats-Unis. A New York, le tube de Ludacris 'Move Bitch' est devenu un slogan de résistance face aux techniques de "nasse", c’est-à-dire d’encerclement des manifestants pour les empêcher de s’enfuir. Idem pour 'Alright' de Kendrick Lamar, devenu dès sa sortie en 2015 un hymne de protestation mais aussi d’espoir, et qui a été repris dans de nombreux cortèges.


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A Washington, c’est un genre emblématique de la capitale qui a rythmé les manifestations samedi dernier : le go-go, un sous-genre du funk né dans les années 1970. Le batteur Malik Dope, ancien musicien de rue révélé par la télévision américaine, s’est notamment produit lors de la grande marche Black Lives Matter. Un événement "épique", dit-il sur Instagram : "Je suis venu pour propager la lumière dans les rues comme au bon vieux temps et c’est ce qui s’est passé."

A Detroit, ville de la Motown et capitale de la soul, les manifestants ont tenu à se réapproprier la techno, un genre rarement associé à la culture afro-américaine. "Detroit est la ville de naissance de la techno, et la techno est noire !", affirme sur Twitter une manifestante. Car, comme le rappelle Pitchfork, la techno est bel est bien originaire de la Motor City, et de ses clubs gays noirs et hispaniques à la fin des années 1980.

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