Birmanie: violences entre bouddhistes et musulmans, 88 morts

Des femmes et des enfants dans un camp de réfugiés à Mrauk U, dans l'Etat de Rakhine, le 28 octobre 2012 dans l'ouest de la Birmanie
3 images
Des femmes et des enfants dans un camp de réfugiés à Mrauk U, dans l'Etat de Rakhine, le 28 octobre 2012 dans l'ouest de la Birmanie - © Soe Than Win (AFP)

Au moins 88 personnes ont été tuées lors des violences du mois d'octobre entre bouddhistes et musulmans dans l'ouest de la Birmanie, ont indiqué les autorités lundi.

Après plusieurs semaines d'accalmie dans l'Etat Rakhine placé sous l'état d'urgence depuis de premiers affrontements en juin, des violences ont de nouveau éclaté le 21 octobre entre bouddhistes de l'ethnie rakhine et Rohingyas, une minorité musulmane apatride considérée par l'ONU comme faisant partie des plus persécutées de la planète.

"Au total, 49 hommes et 39 femmes ont été tués", a indiqué un responsable gouvernemental à l'AFP, portant le bilan depuis juin à près de 180 morts. Un bilan dont les groupes de défense des droits de l'Homme craignent qu'il soit sous-évalué.

Des centaines de maisons ont été brûlées dans de nouveaux incidents ce week-end à Pauktaw, une des communes déjà affectées, "mais il n'y a pas eu de victimes", a ajouté le responsable.

Au total, des milliers de maisons ont été détruites et plus de 26 000 personnes déplacées, en grande majorité des musulmans, selon l'ONU.

Ces nouveaux déplacés s'ajoutent aux quelque 75.000 qui avaient fui les violences de juin. Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux, principalement des Rohingyas, vivent toujours dans des conditions misérables dans des camps autour de Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine.

Le gouvernement et une grande partie des Birmans considèrent les 800 000 Rohingyas de l'Etat Rakhine, apatrides, comme des immigrés illégaux venus du Bangladesh voisins et les appellent souvent "bengalis".

AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK